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Pascal Praud et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros

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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin à l'heure des pros sur Europe 1 jusqu'à 9h30 et sur CNews jusqu'à 10h30.
00:00:07Je suis souvent démuni devant les décisions des gouvernants à partir du 1er mars, c'est-à-dire demain.
00:00:14Les auto-entrepreneurs vont devoir augmenter leurs tarifs de 20% si leur chiffre d'affaires dépasse 25 000 euros par an.
00:00:24Avant le vote du budget c'était 37 000 euros par an.
00:00:29Prenons un exemple, un jardinier. Il a le statut d'auto-entrepreneur.
00:00:35En 2024, il a facturé 30 000 euros de chiffre d'affaires. Il vient chez vous et il prend 25 euros de l'heure.
00:00:42Et bien à partir du 1er mars, donc dans quelques jours, vous paierez 30 euros.
00:00:48Alors évidemment ce jardinier, il récupérera la TVA mais vous, le client, vous allez payer plus cher.
00:00:56Cette disposition concerne 250 000 auto-entrepreneurs.
00:01:00C'est une facilité mise en place par Nicolas Sarkozy pour permettre de créer son entreprise.
00:01:06Quand je dis son entreprise, c'est sa micro-entreprise, sans la lourdeur de l'administration.
00:01:12Convenons qu'on était sur des sommes modestes, des entreprises qui réalisent 37 000 euros de chiffre d'affaires par an.
00:01:22Soit 3 000 euros facturés chaque mois pour le jardinier et son client.
00:01:28De conséquence, il est possible que cette disposition encourage le travail au noir. Merci, merci.
00:01:34Et puis, le choc de simplification qui était la promesse du moment, subit un coup d'arrêt.
00:01:42Vous me direz que c'est un détail dans l'océan de difficultés du moment, sans doute.
00:01:47Mais outre le fait que le détail n'existe pas, il révèle un état d'esprit et prouve, une nouvelle fois,
00:01:54qu'entre les mots et les actes, il y a un gouffre.
00:01:58Il est 9h02. Chana Rousteau.
00:02:11Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:02:12On n'en sait plus sur le profil du meurtrier de l'ivrigargan en Seine-Saint-Denis, Soufiane Ho, c'est son nom.
00:02:18C'est littéralement acharné sur un passant lundi dernier à coups de couteau en pleine rue.
00:02:23C'est un Marocain de 39 ans et selon le Parisien, il a déjà échappé deux fois à la justice.
00:02:28En 2015, il avait tué un père de famille en lui tirant dessus devant un bar parisien.
00:02:32Sauf qu'il a été jugé irresponsable pénalement, puis vraisemblablement libéré.
00:02:38Trois quarts des Français sont contre l'installation de migrants dans les zones rurales.
00:02:42C'est ce que révèle notre dernier sondage de CSA pour CNews Europe 1 et le JDD qu'on vous dévoile ce matin.
00:02:48Depuis plusieurs mois, face à la montée de l'immigration en France,
00:02:51les autorités ont décidé de transférer des migrants des villes vers la campagne.
00:02:55Et ça ne fait pas du tout l'unanimité.
00:02:57Même chez la France Insoumise, 61% de leurs électeurs s'y opposent.
00:03:02Et puis cette proposition de loi du groupe LR qui sera examinée aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
00:03:07Ce texte vise à rendre les travailleurs prioritaires dans l'attribution des logements sociaux.
00:03:13A ce jour, ça n'est pas le cas.
00:03:14La droite veut donc revoir la hiérarchie pour revaloriser le travail, nous dit-on,
00:03:19et ceux qui ont fait le choix de quitter la cistana.
00:03:21Voilà pour l'essentiel de l'information, c'est à vous.
00:03:23Merci beaucoup, Chana Lousteau.
00:03:25On est ce matin avec Sabrina Medjeber, avec Olivier Dartigolle, avec Joachim Lefloquimade,
00:03:31avec Philippe Bilger, ça me fait plaisir de vous voir, et Yoann Ouzahy.
00:03:35Bon, mon exemple, c'est un état d'esprit, ni plus ni moins.
00:03:40Ce n'est évidemment pas l'essentiel, mais ça montre bien que c'est grotesque.
00:03:44Je ne peux pas vous dire autre chose, on a affaire à des gens qui sont grotesques.
00:03:48Voilà, qui sont grotesques.
00:03:50C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'autre...
00:03:52C'est idiot, c'est contre-productif.
00:03:55Vous pouvez prendre tous les adjectifs que vous voulez sur des sommes comme celle-là.
00:04:00Et en plus, on est aujourd'hui donc le 5 février, on demande aux gens le 1er mars.
00:04:05Le 1er mars !
00:04:06Bon, ces gens sont complètement...
00:04:08Je pense qu'ils sont...
00:04:09Quand on dit qu'on est déconnecté, il y a plein d'auto-entrepreneurs.
00:04:11Quand on parle de déconnexion, on est au cœur de ça.
00:04:15Il y a eu 66 000 défaillances d'entreprises l'an dernier.
00:04:18Quelles conséquences en en tirent aucune ?
00:04:20Mais on est au cœur de ça.
00:04:22Moi, je vous assure...
00:04:23Prenez le mot que vous voulez, des clowns, des amateurs, etc.
00:04:27C'est invraisemblable.
00:04:28Cet exemple est invraisemblable.
00:04:29Il n'y a pas quelqu'un qui leur dit...
00:04:31Mais vous savez ce que c'est qu'un auto-entrepreneur ?
00:04:33C'est ça le problème, Pascale.
00:04:36Votre édito est excellent.
00:04:38C'est le fait qu'on a l'impression que lorsqu'on met en œuvre une disposition,
00:04:44il n'y a personne qui songe aux conséquences.
00:04:47Mais personne ?
00:04:48Comme si on n'était pas capable d'embrasser l'ensemble des difficultés qu'une disposition va créer.
00:04:55Alors, c'est débile.
00:04:56Il y a plein de gens qui...
00:04:57Alors, évidemment, je suis auto-entrepreneur depuis mon départ en retraite.
00:05:01Je fais environ 35 000 euros par an et je cotise en pure perte avec des cotisations retraites
00:05:05car cela ne peut pas venir abonder ma retraite actuelle.
00:05:07Je cotise donc pour les autres et maintenant, on me demande de payer de la TVA.
00:05:11On marche sur la tête.
00:05:11C'est débile.
00:05:12Je continue de bosser à 68 ans.
00:05:13C'est quelqu'un qui me demande ça.
00:05:15Ne croyez pas que c'est une mesure qui est comme ça sortie de nulle part.
00:05:18Ça a été extrêmement réfléchi.
00:05:19J'écoutais Amélie de Montchalin qui, comme vous le savez, est la ministre en charge du budget
00:05:22qui expliquait que c'était une mesure finalement juste
00:05:25parce que ceux qui ne payaient pas la TVA, ça créait une distorsion de concurrence.
00:05:29Elle l'a justifié de cette manière-là.
00:05:31Outre le fait qu'il faille trouver de l'argent, comme vous le savez, pour les cas de l'État.
00:05:34Mais de ce point de vue-là, d'ailleurs, elle n'a pas tort.
00:05:36Mais à ce moment-là, tu es à zéro.
00:05:38Tu ne fais plus d'auto-entrepreneur.
00:05:40Parce que les auto-entrepreneurs vont avoir deux difficultés.
00:05:44Ou alors, ils devront mettre cette TVA.
00:05:47Ou alors, ils baissent leur prix pour qu'en ayant intégré ces 20%,
00:05:50ils soient à la même hauteur pour ne pas faire payer le supplément à leurs clients.
00:05:54Ou alors, ça va basculer sur du travail au noir.
00:05:56Mais c'est du travail au noir.
00:05:58Madame de Montchalin, elle n'a pas tort.
00:06:00C'est vrai qu'il y a des artisans, d'ailleurs, qui disent que ce n'est pas normal.
00:06:03Eux, ils ne payent pas la TVA.
00:06:05Tu entends cet argument.
00:06:06Mais à ce moment-là, tu mets tout le monde à zéro.
00:06:08Tu mets tout le monde à zéro, mais tu ne passes pas de 37 000 à 25 000
00:06:10alors que ça existait avec Nicolas Sarkozy depuis 2009.
00:06:12Tout ça est grotesque.
00:06:14Bon, ce n'est pas grave.
00:06:15Quoi si, c'est grave, mais c'est la vie.
00:06:18Ah oui, déjà hier, le bleu.
00:06:21Il y a des choses dans la presse quotidienne.
00:06:23Lucas, mais oui, parce que c'est des...
00:06:25Des sujets très concrets.
00:06:26Mais c'est des sujets surtout pour les moins favorisés.
00:06:29C'est surtout ça qui est sidérant, en fait.
00:06:31Ce ne sont pas les grandes entreprises.
00:06:33J'ai pris l'exemple du jardinier.
00:06:35Quand il fait moins de 3 000 euros de chiffre d'affaires par mois,
00:06:41c'est de chiffre d'affaires.
00:06:43Audition de Lucas Dimeo.
00:06:45Lucas Dimeo, c'est le directeur général de Renault.
00:06:47Et souvent, on vous montre ses auditions à l'Assemblée nationale
00:06:50sur le sort qui sont vraiment passionnantes
00:06:53parce que je trouve qu'il se dit des choses
00:06:54qui ne se disent nulle part ailleurs.
00:06:55Parce que ce n'est pas devant un journaliste.
00:06:57Peut-être que les gens prêtent serment.
00:06:59Il y a une rigueur peut-être dans la parole qui est différente.
00:07:03Je voudrais qu'on écoute simplement la question d'abord.
00:07:05Elle est posée par Benjamin Luca Lundi
00:07:08qui est député Europe Ecologie-Lévers des Yvelines.
00:07:12Et je voulais savoir ce que vous pensez de cette question.
00:07:16Ça m'intéresse.
00:07:18Écoutez, je vous écoute depuis deux heures
00:07:20parler avec une forme de légèreté, de détachement presque,
00:07:22comme si le sort des salariés de la Fonderie de Bretagne,
00:07:25d'un territoire, ne vous obligeait pas.
00:07:26Après des millions d'aides publiques,
00:07:28248 millions d'euros d'aides publiques,
00:07:31vous ne vous sentez pas un peu responsable tout de même
00:07:33de l'avenir de ce territoire et de ses salariés.
00:07:35Vous disiez tout à l'heure, tout le monde souffre.
00:07:37Je trouvais ça assez curieux
00:07:38parce que votre rémunération l'année 2024,
00:07:42c'est 1,7 million d'euros fixes annuels,
00:07:45plus 30% quand même en 2024.
00:07:47Ça fera sans doute rêver beaucoup de salariés qui nous regardent.
00:07:505,5 millions d'euros sur un an hors actions.
00:07:52C'est-à-dire l'équivalent, pour qu'on ait bien en tête
00:07:54ce que ça représente, de 260 personnes au SMIC.
00:07:58C'est à peu près le nombre de salariés qu'il y a
00:08:00aux Fonderies de Bretagne, 260.
00:08:02Ils sont 300.
00:08:03Ma question, elle est donc simple.
00:08:04Est-ce que vous pensez, monsieur le directeur général,
00:08:07que moralement, intellectuellement, par la force de votre travail,
00:08:10vous valez 260 travailleurs ?
00:08:12J'adore cette question.
00:08:14Parce que là, on est au cœur de la société française.
00:08:16Je pense que le nerf de la guerre, c'est l'argent, surtout.
00:08:20Et on est au cœur de cette société.
00:08:23Donc la question, est-ce que moralement, vous valez 1,5 million ?
00:08:26Alors après, on peut parler des sportifs, des comédiens, etc.
00:08:29Mais est-ce que lui, moralement, il vaut 5 fois sa femme de ménage ?
00:08:32Pareil.
00:08:33Parce que si on va sur ces terrains-là,
00:08:34un député vaut 5 500 euros,
00:08:36une femme de ménage en gagne 1 500.
00:08:38Est-ce que moralement, il vaut 5 fois sa femme de ménage ?
00:08:40Non.
00:08:41Non, en fait.
00:08:42Non.
00:08:43Il n'en vaut pas ?
00:08:44En fait, on est tous, moralement,
00:08:46on vaut tous le même prix, moralement.
00:08:50Mais la question de la rémunération...
00:08:52Non, mais attendez, l'avertu !
00:08:54Entre votre femme de ménage,
00:08:58entre votre femme de ménage, votre jardinier,
00:09:02pourquoi lui, il gagne 5 fois plus que le jardinier ?
00:09:05Bonjour, d'abord Pascal.
00:09:06Sur le plan de la morale, vous avez raison.
00:09:08Mais évidemment !
00:09:09Moi, j'adore ce qu'il se passe.
00:09:10La question de la rémunération des grands patrons
00:09:15vous met toujours dans un état de légère colère.
00:09:20La question de la rémunération des très hauts dirigeants
00:09:24est une question qui n'est pas frappée d'indignité.
00:09:27On peut la traiter, on peut la questionner,
00:09:29comme toutes les autres questions.
00:09:31Y compris celui de la rémunération des députés.
00:09:33Moi, je trouve que le personnel politique français
00:09:35n'est pas assez payé, voyez-vous.
00:09:37C'est hyper minoritaire et contesté.
00:09:39En dehors de l'impropriété de l'adverbe moralement,
00:09:44c'est intéressant de voir la question
00:09:47parce que je me rends compte que la plupart du temps,
00:09:50on a du mal à justifier des écarts considérables
00:09:54de revenus entre les dirigeants et les salariés.
00:09:58Et ce serait intéressant d'entendre,
00:10:00et pourtant Dieu sait que...
00:10:02– Il va répondre, il va répondre.
00:10:03– Il a répondu.
00:10:04– Ah ben là, je vous ai posé la question,
00:10:05et là, vous allez avoir la réponse de M. Zivier.
00:10:07– Mais c'est intéressant, justement, d'aborder ce problème
00:10:10parce que parfois...
00:10:11– Et vous en pensez quoi ?
00:10:12Vous pensez quoi de sa question ?
00:10:13– Moi, je la trouve bien.
00:10:14S'il avait enlevé moral.
00:10:16– C'est idiot ce que vous dites.
00:10:18Je vous l'ai posé parce que c'est moralement.
00:10:20– Non, mais non, mais parce que le fond...
00:10:23– M. Perpétuité, vous m'étonnez.
00:10:25– Le fond, la question est très intéressante.
00:10:27Mais comme vous l'avez dit vous-même,
00:10:29à partir du moment où il parle de moral,
00:10:32ça n'est pas le fond du sujet.
00:10:35– Mais la moralité n'est pas...
00:10:37– La question est posée au sein même du projet d'administration
00:10:39des actionnaires, des assemblées d'actionnaires,
00:10:41pour ces grands groupes.
00:10:42La question de la rémunération du premier dirigeant
00:10:44fait l'objet de délibérations, de réflexions.
00:10:46– Mais cher Olivier, nous sommes dans un système qui est très simple.
00:10:49Personne n'a mis un pistolet sur la tente des actionnaires
00:10:54pour payer M. Dimeo.
00:10:56– Non, je dis qu'ils en débattent, qu'ils en discutent,
00:10:58sur le trait de chapeau, ils en discutent.
00:11:01– Ça s'appelle, comment dire, le marché de la concurrence.
00:11:06– Oui, libre et non faussé.
00:11:08– Voilà, cher ami.
00:11:09Il se trouve que M. Dimeo, il est meilleur que vous.
00:11:12– Oui, vous aussi.
00:11:13– Et que moi.
00:11:14– Oui, mais voilà, je préfère vous accompagner.
00:11:16– Il est meilleur que moi, il est bien meilleur que moi
00:11:18pour diriger Renault, bien meilleur.
00:11:20– Oui, et ?
00:11:21– Et à ce moment-là, ça vaut un prix.
00:11:22– Oui.
00:11:23– Et ça s'appelle le prix du marché.
00:11:25On peut discuter de ce prix.
00:11:26– Non.
00:11:27– Ah, voilà où nous sommes désolé.
00:11:29– Mais on ne peut pas le discuter puisque c'est le marché.
00:11:31– C'est le marché, bien sûr.
00:11:32– C'est le marché, ami.
00:11:33C'est comme si vous me disiez, on peut discuter, l'action…
00:11:35– Et dans la sphère publique ?
00:11:36– Oui.
00:11:37– Ah, publique, c'est autre chose.
00:11:38– D'accord.
00:11:39Et dans la sphère où l'État est autour de table des actionnaires ?
00:11:43– Mais on ne discute pas du prix d'Mbappé.
00:11:46Personne ne discute d'Mbappé.
00:11:47C'est simplement entre Paris Saint-Germain et le Réal que ça se discute.
00:11:50Vous n'avez pas à entrer dedans.
00:11:52Vous n'avez pas à entrer dedans.
00:11:53– Mais pourquoi non ?
00:11:54– Renaud, c'est…
00:11:55– Il y a quand même une…
00:11:56– Oui, mais alors ?
00:11:57– Je peux vous dire d'abord que 1,5 million sur les grands patrons,
00:12:00on est dans la fourchette basse.
00:12:02Si vous me permettez, je vais choquer beaucoup de gens,
00:12:04mais on est dans la fourchette basse.
00:12:05– Pascal, votre raisonnement serait valable,
00:12:07mais moi je suis un ignorant dans ce domaine.
00:12:09Mais est-ce que ce serait valable si ceux qui ont échoué
00:12:13ne touchaient pas des sommes folles, par exemple ?
00:12:16– Bon, on va écouter la réponse de M. Di Meo.
00:12:19Mais d'abord, ceux qui ont échoué dans ce petit monde-là,
00:12:21ils sont éjectés du système.
00:12:23– Oui, mais…
00:12:24– On ne prend pas des mauvais patrons.
00:12:25– Avec…
00:12:26– Généralement, ou alors ils font une fois,
00:12:29et puis la deuxième fois, ils ne sont pas fous les actionnaires non plus.
00:12:33– Non, mais la question, c'est…
00:12:35– La réponse de M. Di Meo ?
00:12:36– Allez-y, allez-y.
00:12:37– Voilà, c'était l'occasion, l'audition hier de Lucas Di Meo,
00:12:40c'était lors de l'Assemblée nationale,
00:12:42sur le sort de son ancienne filiale menacée, la Fonderie de Bretagne.
00:12:45Le directeur général du groupe Renaud s'est justifié sur sa rémunération
00:12:48et a aussi mis en avant les investissements réalisés en France.
00:12:50ces dernières années.
00:12:51Voici la réponse qu'il a faite à M. Benjamin Luca Lundi.
00:12:56– Ça, c'est toujours très facile et très difficile,
00:13:02donc je ne vais pas commenter sur ça.
00:13:04Je pense qu'il faut aussi comprendre que des gens comme nous,
00:13:10ils sont là parce qu'on a derrière nous une carrière de 20 ans, 30 ans,
00:13:17où toutes les années, on a dû démontrer des résultats.
00:13:20Et quand nous, on fait des résultats, on crée de la valeur.
00:13:26Renaud a triplé sa valeur dans la bourse,
00:13:30peut-être que ça ne vous intéresse pas particulièrement,
00:13:33mais on a créé, si vous n'êtes pas actionnaire,
00:13:36on a créé 10 milliards, comme le 93% des salariés de Renaud
00:13:44auquel on est en train de donner le 10% du capital de Renaud,
00:13:48juste pour votre information.
00:13:50On a créé 10 milliards de cash en positif
00:13:54et on a créé 10 milliards de marge opérationnelle.
00:13:57Ça, c'est la valeur, ça, c'est ce qu'on fait.
00:13:59Et je peux vous dire une chose, moi, je travaille 60, 70, 80 heures par semaine.
00:14:04Vous pensez que je dors la nuit tranquille quand il y a ce type de problème ?
00:14:08Donc, ne me prenez pas de ce côté-là, parce que nous aussi,
00:14:11on est des travailleurs.
00:14:12On est des gens qui mettent tout et risquent tout dans le truc.
00:14:15Ça, c'est la vérité.
00:14:16Ce ne sont pas des décisions faciles.
00:14:18Des fois, il faut qu'on prenne des décisions faciles,
00:14:20des fois, ce ne sont pas des décisions faciles.
00:14:23Et on se prend nos responsabilités.
00:14:26Et moi, pour Renaud, je les ai prises, mes responsabilités, avec mon équipe.
00:14:29On a créé 8000 postes de travail en France dans les derniers 2 ans, 2 ans et demi.
00:14:35Merci beaucoup.
00:14:36Qu'est-ce que vous pensez de sa réponse ?
00:14:39Moi, je trouve qu'elle est très bonne, qu'il y a beaucoup de démagogie dans ces débats qui reviennent régulièrement.
00:14:44On en avait parlé il y a quelques mois sur votre plateau au sujet de Carlos Tavares.
00:14:49Et le vrai problème, derrière tout ça, ce n'est pas la rémunération des patrons,
00:14:52c'est la désindustrialisation de la France.
00:14:542 millions d'emplois industriels perdus en 20 ans.
00:14:56Le déficit commercial, en particulier en matière automobile,
00:14:59qui est en train d'exploser à cause d'une surtransposition de normes européennes totalement absurde.
00:15:04Et il fut un temps où la gauche, plutôt que de voir dans les grands patrons un bouc émissaire facile à tous les problèmes de la France,
00:15:09défendait vraiment l'économie de la production.
00:15:11Refaire de la France une nation de producteurs.
00:15:13Où sont les chevènements aujourd'hui ?
00:15:15Où sont les Georges Marchais ?
00:15:17Où sont les héritiers du CNR ?
00:15:18C'est ça la vraie question.
00:15:19Souvent, ce qu'on appelle démagogique, et moi-même j'en ai abusé d'ailleurs, encore récemment,
00:15:25c'est un problème qui est intéressant mais qu'on n'ose jamais formuler.
00:15:31Moi, j'ai trouvé la réponse de cet homme très pertinente.
00:15:34Parce qu'il n'a pas hésité à dire qu'il a son salaire justifié, son traitement légitimé,
00:15:42par le fait qu'il a évidemment plus de responsabilités, plus de travail.
00:15:47Moi, je n'aime pas cette séquence. Je trouve qu'il n'a pas justifié.
00:15:50Il faut toujours justifier.
00:15:53Mais non, je trouve que c'est insupportable.
00:15:55Ah non, mais je ne suis pas d'accord.
00:15:57Je trouve que c'est insupportable que quelqu'un vienne dire pourquoi vous gagnez autant.
00:16:00Mais c'est tout à fait normal, Pascal.
00:16:03Je vous donne mon avis.
00:16:05Non, mais on a le droit, dans le domaine social, où certaines différences peuvent choquer,
00:16:11de demander des explications.
00:16:14Et lorsqu'on a la chance d'avoir un dirigeant très intelligent comme lui qui les justifie,
00:16:19je trouve que c'est impeccable.
00:16:21Le problème n'est peut-être pas alors la rémunération des très hauts patrons.
00:16:24Le problème est peut-être les bas salaires des personnes
00:16:27qui, tout en travaillant tout au long de leur semaine, tout au long d'un mois,
00:16:30se retrouvent, ce qui n'est pas le cas chez Renault.
00:16:33Parce que dans les grandes entreprises, ce n'est vraiment pas le cas.
00:16:36C'est plus dans le cas des auto-entrepreneurs.
00:16:39Sur les salaires trop bas qui font que les gens se privent de tous les petits bonheurs de la vie.
00:16:45Et associé à Renault, il y a la situation de la fonderie de Bretagne.
00:16:49La fonderie de Bretagne qui est un élément de désindustrialisation
00:16:52très important aujourd'hui dans l'actualité industrielle française.
00:16:55Et Renault pourrait, sur une simple décision, relancer les fonderies de Bretagne.
00:16:59Oui.
00:17:00Ce qui est intéressant...
00:17:02Aujourd'hui.
00:17:03En dehors du...
00:17:04Mais comment vous pouvez dire ça ?
00:17:06Il peut être donneur d'ordre, pourquoi pas ?
00:17:08Mais comment vous pouvez dire ça ?
00:17:09C'est-à-dire que vous les prenez...
00:17:11Oui, vous pourriez.
00:17:12Une décision...
00:17:13Mais ils perdraient de l'argent.
00:17:14Avec les fonderies de Bretagne...
00:17:15J'imagine.
00:17:16Parce qu'on a un savoir-faire formidable.
00:17:17Mais j'imagine que c'est...
00:17:18Alors vous êtes plus intelligent qu'eux ?
00:17:19Pourquoi ils ne le font pas ?
00:17:20Ah mais pourquoi ils ne le font pas ?
00:17:21Parce que...
00:17:23Mais parce que j'imagine...
00:17:24Et on parle ici de désindustrialisation, il faut relancer les fonderies de Bretagne.
00:17:27Mais j'imagine, c'est exactement l'intervention l'autre jour de Bernard Arnault.
00:17:33C'est-à-dire que...
00:17:34Un investisseur, il y voit son intérêt ?
00:17:37Ah oui.
00:17:38Uniquement son intérêt ?
00:17:39À l'aune de quoi ?
00:17:41À l'aune du profit qu'il fera ?
00:17:43Oui, très bien.
00:17:44Vous avez tout dit.
00:17:45Mais vous n'avez pas demandé à un investisseur de perdre de l'argent !
00:17:48Mais si le...
00:17:49Donc l'État doit l'aider !
00:17:50Si la raison sociale...
00:17:51L'État doit l'aider !
00:17:52Si la raison sociale aujourd'hui d'une entreprise est le profit, et le taux de profit, ça veut
00:17:57dire que toutes les autres dimensions, la responsabilité territoriale, le fait de ne pas laisser tomber
00:18:02la fonction de l'État...
00:18:03Mais c'est pas...
00:18:04Mais c'est pas le rôle de l'entreprise !
00:18:05Mais c'est le rôle de l'État !
00:18:06Mais je conteste votre analyse.
00:18:07Mais c'est pas...
00:18:08Mais je conteste votre analyse.
00:18:09Mais c'est pas le...
00:18:10Mais vous la contestez, c'est pas le rôle de l'entreprise !
00:18:12En revanche, c'est le rôle...
00:18:13Il y a eu par le passé des entrepreneurs qui ont dit, tant bien que la marge de profit
00:18:17aussi sera à la baisse par rapport à ce que nous attendions, on va quand même faire...
00:18:22On va aider ce sous-traitant.
00:18:24Ça a existé ce capitalisme-là.
00:18:25Mais non !
00:18:26Vous êtes basculé dans un capitalisme financier, pourtermiste.
00:18:29Mais vous...
00:18:30Enfin, vous êtes...
00:18:31Dans le subjet...
00:18:32Vous savez pas de quoi vous parlez !
00:18:33Et le retour.
00:18:34Mais si, bien sûr !
00:18:35Mais vous savez pas...
00:18:36Il y a même des économistes libéraux qui disent que c'est allé trop loin.
00:18:37Mais votre...
00:18:38Dans votre système...
00:18:39Comment dire ?
00:18:40Votre fonderie de Bretagne, elle ne pourra rien vendre !
00:18:43Elle sera pas compétitive !
00:18:44Mais enfin...
00:18:45Enfin, je veux dire, vous êtes...
00:18:46Donc, on fait plus d'acier, plus d'aluminium en France.
00:18:49Il a répondu visiblement...
00:18:50On fait plus d'acier, plus d'aluminium en France.
00:18:52Sauf si on aide...
00:18:53Non, c'est très intéressant.
00:18:54Écoutez, prenez pas ce ton...
00:18:56Ce sont des filières stratégiques pour la réindustrialisation.
00:18:58Prenez pas ce...
00:18:59Prenez pas...
00:19:00Je fais plus...
00:19:01Vous êtes en difficulté, Pascal Brault.
00:19:02Est-ce qu'on fait de l'aluminium ou de l'acier en France ?
00:19:04Je suis pas un spécialiste d'acier et d'aluminium, enfin !
00:19:08Ne posez pas...
00:19:09Je suis en difficulté de rien du tout.
00:19:12Je fais confiance au patron de prendre la bonne décision
00:19:17qui permettra d'être le plus compétitif.
00:19:19Et effectivement, le diagnostic...
00:19:20L'opération a été faite pour le nucléaire.
00:19:22Vous avez fait confiance au nucléaire ?
00:19:23Regardez comment...
00:19:24Mais le nucléaire, c'est l'État !
00:19:25...a été démantelé.
00:19:26Mais le nucléaire, c'est l'État !
00:19:27Mais en fait, vous dites n'importe quoi.
00:19:29C'est pas du tout le privé !
00:19:30Il y a eu des fonds du nucléaire français.
00:19:32Mais c'est là que vous dites...
00:19:33Non, mais...
00:19:34Il y a un truc qui marche bien en France, c'est le privé.
00:19:37LVMH, ça marche bien.
00:19:38Tout le temps ?
00:19:39Toutes les boîtes privées marchent.
00:19:40Le truc qui marche pas en France, c'est le public.
00:19:42Tout ce qui est public ne marche pas.
00:19:44Je peux pas vous dire autre chose.
00:19:45De l'hôpital au service public, de la télévision à la SNCF,
00:19:49tout ça, ça marche moyennement.
00:19:50Enfin, moi, je voulais savoir s'il fallait produire de l'acier,
00:19:52de l'aluminium...
00:19:53Les choses sont pires pour Renault.
00:19:55Si Renault...
00:19:56Je suis en difficulté de rien dire.
00:19:58Si Renault...
00:19:59Pas spécialiste d'acier, excusez-moi.
00:20:01...souhaite se fournir auprès des fonderies de Bretagne,
00:20:04ça veut dire qu'ils vont acheter effectivement plus cher
00:20:07cette pièce d'attaché.
00:20:08Ça veut dire qu'ils seront obligés de vendre plus cher leurs automobiles.
00:20:10Et donc, ça veut dire qu'ils vendront moins d'automobiles.
00:20:12Et in fine, comme ils vendront moins d'automobiles,
00:20:14ils seront obligés de licencier du personnel.
00:20:16Parce qu'il y a l'automobile française.
00:20:18La logique est celle-ci, la logique économique.
00:20:21Si vous achetez plus cher les pièces, vous vendez vos voitures plus cher,
00:20:24donc vous en vendrez moins et vous serez obligés de licencier.
00:20:26Comment peut-on accepter ?
00:20:28Comment peut-on accepter, me dit Xavier Couture, que je salue,
00:20:32comment peut-on accepter que la représentation nationale
00:20:34puisse faire subir un interrogatoire à un patron
00:20:37qui défend tous les jours une entreprise française
00:20:39et qui respecte scrupuleusement la loi ?
00:20:42Pendant ce temps, l'Europe, avec ses règlements absurdes,
00:20:46organise le financement de Tesla et d'autres...
00:20:49La moitié des voitures Tesla sont produites en Chine.
00:20:52Mais comment on accepte ça ?
00:20:54C'est parce que l'extrême-gauche occupe désormais une place importante
00:20:57à l'Assemblée nationale.
00:20:59Je vais vous dire, je vais vous dire, je vous mets ministre des Finances,
00:21:01et puis tout le monde, c'est le Venezuela dans deux ans.
00:21:05Ça, je sais comment ça va.
00:21:07Vous connaissez rien à rien, vous savez rien à rien sur l'économie,
00:21:10il n'y a qu'un truc qui vous intéresse, c'est que tout le monde ait le même salaire.
00:21:13Mais vous, Pascal...
00:21:15Mais vous, l'argent, c'est un truc qui vous rend fou
00:21:19que quelqu'un gagne plus d'argent que d'autres.
00:21:21Mais bien sûr que non.
00:21:23Moralement, c'est inacceptable.
00:21:25Moralement, c'est inacceptable.
00:21:27J'ai dit que ça me rendait fou.
00:21:29J'essaie d'avoir une discussion.
00:21:31Pardonnez-moi, Olivier.
00:21:33Pardonnez-moi de le dire comme ça,
00:21:35vous êtes prof d'histoire, vous n'avez pas les compétences
00:21:37pour parler de ça.
00:21:39Pardonnez-moi de le dire comme ça.
00:21:41Mais oui, vos idées, on les a vues.
00:21:43On les a vues quand elles ont été mises en place au Venezuela,
00:21:45en URSS et partout, et à Cuba.
00:21:47On voit comment les gens vivent, enfin.
00:21:49Vous êtes marrants.
00:21:51Moi, je veux bien vous donner les clés.
00:21:53Vous n'avez jamais eu une entreprise de votre vie.
00:21:55Vous avez toujours été payé.
00:21:57Vous avez toujours été payé par l'État.
00:21:59Vous avez toujours été payé par l'État.
00:22:01Parlez d'histoire, mais ne parlez pas d'économie.
00:22:03Non, je viens sur le champ de l'économie.
00:22:05Mais dans une branche du patronat,
00:22:07on a dépassé à une certaine base.
00:22:09Je l'arrête.
00:22:11On est sauvés par le gang.
00:22:15Je m'en baille, la première demi-heure est épuisante.
00:22:17Je veux venir avec vous.
00:22:19Olivier, je vous aime beaucoup.
00:22:21Vous avez beaucoup de qualités intellectuelles, culturelles,
00:22:23tout ce que vous voulez, mais sur l'entreprise,
00:22:25effectivement, je fais plus confiance à Lucas Dimeo
00:22:27parce qu'il a été prof d'histoire.
00:22:29Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:22:33Chacun a son domaine de prédilection.
00:22:35Bon.
00:22:37Amis.
00:22:39Bonjour Pascal.
00:22:41Non, mais il est là.
00:22:43Écoutez, j'en ai marre.
00:22:45Il est habillé comme David Croquette.
00:22:51Ça fait beaucoup.
00:22:53Vous nous cherchez.
00:22:55Vous allez bien ?
00:22:57Mais qu'est-ce que vous faites là ?
00:23:01Vous êtes avec Cyril Hanouna l'après-midi.
00:23:03Vous êtes le soir sur CNews.
00:23:05Vous êtes maintenant à 10h
00:23:07sur Europe 1 avec la chemise de David Croquette.
00:23:09Ça va ?
00:23:11Qu'est-ce qu'il se passe ?
00:23:13Thomas Hill a décidé de m'inviter ce matin.
00:23:15Il vous a invité ?
00:23:17Mais quelle est votre affinité ?
00:23:19Mais pourquoi il vous a invité ?
00:23:21Il veut comprendre le phénomène.
00:23:25Alors là,
00:23:27la explosion directe.
00:23:29Faites très attention
00:23:31à goûter le vrai.
00:23:33Faites très attention
00:23:35à goûter le vrai.
00:23:37Bon, écoutez.
00:23:41L'important c'est l'atterrissage.
00:23:43Bien sûr.
00:23:45N'oubliez jamais ça.
00:23:49Thomas Hill, il vous a piqué votre place.
00:23:51Je ne vous ai pas vu.
00:23:53Alors là, on fait un malheur
00:23:55avec des chefs d'entreprise qui nous écoutent, etc.
00:23:57Je vais en saluer un que j'aime beaucoup,
00:23:59qui sait un peu de quoi il parle,
00:24:01puisqu'il s'appelle Valdemar Kitta,
00:24:03qui est le Président du FN.
00:24:05Et qui a, lui, eu quelques entreprises.
00:24:07Et puis qui a fait quand même tourner quelques boutiques.
00:24:09Vous pouvez l'apprécier, vous avez raison.
00:24:11Il dit que j'ai raison.
00:24:13Et en plus, Nantes a gagné ce week-end.
00:24:15Et Nantes a gagné ce week-end.
00:24:17Mais non, mais faisons confiance.
00:24:19En fait,
00:24:21libérons le travail.
00:24:23Et donc,
00:24:25chefs d'entreprise,
00:24:27vous n'appréhendez pas du tout
00:24:29que le patron a une responsabilité sociale.
00:24:31Il y a des gens de droite
00:24:33qui l'ont admise.
00:24:35Mais ils adorent.
00:24:37Vous connaissez un patron qui licencie quelqu'un.
00:24:39Mais je n'ai pas terminé ma phrase.
00:24:41Je n'ai pas la capacité universelle
00:24:43de livrer.
00:24:45Je n'ai pas terminé ma phrase, vous me posez une question.
00:24:47Évidemment
00:24:49qu'ils ont une dimension sociale.
00:24:51Responsabilité.
00:24:53Évidemment.
00:24:55Vous n'êtes pas très éloigné.
00:24:57Mais je parle de M. Kita.
00:24:59Chaque année, depuis 10 ans,
00:25:01il bouche les trous
00:25:03du FC Nantes qui perd 5, 10 ou 20 millions par an.
00:25:05Et c'est lui qui paye.
00:25:07Pour justement cette dimension sociale
00:25:09de garder ce club dans cette ville.
00:25:11Autrement, ce club serait peut-être
00:25:13en division d'honneur sans lui.
00:25:15Mais donc, qu'est-ce qui vous distingue d'Olivier ?
00:25:17Puisque vous êtes d'accord.
00:25:19C'est lui qui n'est pas d'accord.
00:25:21La pause. A tout de suite.
00:25:27Soumaya Labidi est avec nous.
00:25:29Bonjour Soumaya. Les titres.
00:25:35Bonjour Pascal. Bonjour à tous.
00:25:37La Maison-Blanche tente de déminer le terrain
00:25:39et de modérer les propos de Donald Trump
00:25:41sur Gaza. Non, l'argent
00:25:43des contribuables américains ne sera pas
00:25:45utilisé pour reconstruire l'enclave palestinienne.
00:25:47Et l'armée ne sera pas déployée
00:25:49sur place pour une prise de contrôle
00:25:51par les Etats-Unis.
00:25:53Colère à gauche après la diffusion
00:25:55par El-Effi d'une affiche alliant le RN
00:25:57et le PS. Une affiche qui,
00:25:59vous allez le voir, met dos à dos Marine Le Pen
00:26:01et Olivier Faure surplombées par Emmanuel
00:26:03Macron au fond et qui dénonce
00:26:05le refus des socialistes de censurer
00:26:07François Bayrou hier à l'Assemblée nationale.
00:26:09Et puis ça fait
00:26:11maintenant deux mois que 400 migrants
00:26:13occupent la gaieté lyrique
00:26:15à Paris. Des migrants qui se disent
00:26:17mineurs, ce qui n'est pas le cas selon
00:26:19la préfecture de police de Paris.
00:26:21Aucune visibilité sur la suite des événements
00:26:23pour la salle de spectacle parisienne.
00:26:25La situation reste pour l'heure
00:26:27totalement bloquée.
00:26:29Si beaucoup se maillassent
00:26:31que les Français ne comprennent pas, nous dit
00:26:33un téléspectateur, cela va bien au-delà
00:26:35de la France insoumise et que nous ne sommes plus dans
00:26:37une économie fermée mais ouverte sur le monde.
00:26:39C'est pourquoi le keynesianisme, la relance
00:26:41par le déficit budgétaire et la consommation
00:26:43dans un seul pays ne marche plus.
00:26:45La seule voie de sortie c'est la compétitivité
00:26:47sinon les emplois s'en vont
00:26:49et entrent les produits des pays
00:26:51compétitifs. Ce que Dartigal n'arrive
00:26:53pas à intégrer, c'est qu'avant de redistribuer
00:26:55il faut produire. Et surtout
00:26:57c'est toujours oublié qu'au-delà
00:26:59d'un certain niveau, la redistribution
00:27:01décourage la production.
00:27:03C'est vrai que le monde
00:27:05a changé depuis 1917. Mais je suis
00:27:07nostalgique de ce compromis historique
00:27:09qu'il existait un temps entre capital et travail
00:27:11qui n'existe plus.
00:27:13Mais faites attention quand même.
00:27:15Concernant la société française, on parle des tensions
00:27:17La tension
00:27:19qui est vécue aujourd'hui par des personnes
00:27:21qui travaillent et qui ne s'en sortent plus
00:27:23ça fait que ça alimente de la colère,
00:27:25de la frustration, beaucoup.
00:27:27C'est pourquoi...
00:27:29Il faut des réponses structurelles, il répond par des boucs émissaires.
00:27:31Je pensais qu'Henri Poglio
00:27:33quand il était à la tête d'EDF
00:27:35avait expliqué que son homologue britannique
00:27:37était trois fois plus que lui.
00:27:39Ca montre qu'il faut quand même relativiser.
00:27:41Merwan Benlazard n'interviendra plus sur le plateau
00:27:43de France TV après les vifs polémiques
00:27:45suscitées par la chronique de Merwan Benlazard.
00:27:47Dans cet avou, Rachida Dati a annoncé
00:27:49ce mercredi qu'il ne reviendrait pas à l'antenne
00:27:51sur France Télévisions. Ca va être intéressant d'ailleurs
00:27:53s'il revient à l'antenne sur
00:27:55France Inter. Je vous propose de voir cet échange
00:27:57hier entre Mme Goulet et Mme Dati.
00:27:59La place d'une femme
00:28:01est à la demeure auprès de son père
00:28:03craint-on Seigneur. Ce propos n'est pas
00:28:05une citation du théoricien
00:28:07d'Al-Qaïda mais de la nouvelle recrue
00:28:09de l'émission Star de France 5
00:28:11c'est à vous.
00:28:13Un million de téléspectateurs en moyenne
00:28:15chaque soir, l'humoriste
00:28:17disons l'humoriste, Merwan Benlazard
00:28:19coutumier d'exégèse de la charia
00:28:21sur son compte Twitter et de recommandations
00:28:23de sites ouvertement salafistes.
00:28:25Est-ce une forme de provocation
00:28:27ou l'expression d'un projet politique ?
00:28:29À quoi rime le silence
00:28:31assourdissant de l'ARCOM
00:28:33pourtant si prompt à condamner
00:28:35d'autres animateurs ?
00:28:37Allons-nous longtemps continuer à jouer
00:28:39les idiots utiles de l'islamisme ?
00:28:41Aux dernières nouvelles, cet individu serait
00:28:43renvoyé de la chaîne. Madame la ministre
00:28:45pouvez-vous le confirmer ?
00:28:49Cela concerne-t-il la radio
00:28:51et la télévision où il sévit ?
00:28:53Et pour l'avenir, comment entendez-vous
00:28:55garantir que l'ARCOM
00:28:57joue son rôle pour éviter de tels
00:28:59errements éditoriaux dans le respect
00:29:01de l'indépendance des médias ?
00:29:03Sur la chronique que vous citez,
00:29:05est-ce qu'il y avait quelque chose de répréhensible ?
00:29:07Non.
00:29:09Donc l'ARCOM n'a pas lieu
00:29:11d'être saisi. Aucun propos n'est
00:29:13répréhensible dans cette chronique.
00:29:15Ensuite, est-ce que des propos ont été tenus
00:29:17par ce chroniqueur qui sont scandaleux ?
00:29:19Oui.
00:29:21Donc suite à ces propos,
00:29:23France Télévision en a tiré les conséquences
00:29:25et il ne sera plus à l'écran.
00:29:27Mais pour conclure,
00:29:29je veux quand même dire aussi
00:29:31une chose. Vous disiez
00:29:33le silence assourdissant,
00:29:35mais je veux aussi dénoncer le bruit
00:29:37important des dérives
00:29:39et des dérapages.
00:29:41L'apparence, le physique,
00:29:43la tenue vestimentaire
00:29:45ne doivent pas disqualifier
00:29:47sans aucun fondement. Je vous remercie.
00:29:49Là, si vous me permettez,
00:29:51Madame Dati, ce n'est pas
00:29:53vrai ce qu'elle dit. Lorsqu'une
00:29:55casquette d'officier
00:29:57nazi est sortie pendant
00:29:59l'élection législative,
00:30:01ça disqualifiait.
00:30:03Bien évidemment.
00:30:05Donc toute la question est
00:30:07est-ce que
00:30:09la façon dont ce monsieur
00:30:11est arrivé à l'antenne
00:30:13pose problème ? Et là, il y a discussion.
00:30:15Et tout le monde n'est pas d'accord.
00:30:17Parce qu'il y a la manière dont il est arrivé à l'antenne
00:30:19avec, disons les choses,
00:30:21affublé d'un accoutrement salafiste.
00:30:23Oui, mais Madame Dati n'est pas d'accord là-dessus.
00:30:25Non, mais pardon. Mais ça vient en plus
00:30:27de ces tweets pro-Sharia.
00:30:29C'est un tout. C'est ça, plus ça, plus ça.
00:30:31Il y a les tweets pro-Sharia, plus l'accoutrement
00:30:33salafiste. Oui, mais Madame Dati n'est pas d'accord.
00:30:35Elle ne dit pas que c'est un accoutrement salafiste.
00:30:37Je suis étonnée de la position prise par
00:30:39Rachida Dati. Parce que les propos
00:30:41sur les réseaux sociaux de
00:30:43Merwan Benlazar
00:30:45ne laissent
00:30:47place à aucun doute.
00:30:49C'est extrêmement clair.
00:30:51On parle d'abord de l'accoutrement, si vous voulez bien.
00:30:53Hier, moi, j'ai travaillé
00:30:55toute la journée avec Benjamin Naud,
00:30:57qui est un jeune avec qui nous travaillons ici.
00:30:59Il dit, mais ça, vous allez dans Paris, il y a plein de gens qui sont comme ça.
00:31:01Non, mais pour le service public, c'est une provocation.
00:31:03Non, mais l'accoutrement...
00:31:05Je termine juste.
00:31:07Je termine juste. Benjamin me dit
00:31:09c'est hipster, je crois.
00:31:11Il n'y a pas de soucis pour lui.
00:31:13Lui, il a 25 ans ou 30 ans.
00:31:15Benjamin, il dit, cet accoutrement,
00:31:17il est sur la position de Madame Dati.
00:31:19Moi, je ne sais pas répondre à cette question.
00:31:21Moi, je ne sais pas répondre à cette question.
00:31:23Les propos qu'il a tenus, c'est de l'islamisme.
00:31:25Mais si tu laisses la tenue,
00:31:27si tu laisses la tenue,
00:31:29s'il n'avait pas eu ses tweets, Procharia,
00:31:31et qu'il n'y a que la tenue,
00:31:33moi, la tenue ne me pose pas de problème.
00:31:35Ah ben oui, si on élimine
00:31:37tout ce qui est nuisible...
00:31:39Ecoutez une avocate,
00:31:41et après, je donne la parole à Sabrina Medjaber,
00:31:43qui s'appelle Fatima...
00:31:45Lara Fatimi.
00:31:47Oui, Lara Fatimi.
00:31:49Excusez-moi.
00:31:51Qui travaille avec Thibaud de Montbréal
00:31:53et qui était avant-hier avec nous sur Europe 1.
00:31:55Écoutez ce qu'elle dit de cette tenue, précisément.
00:31:59C'est une expression qui n'est
00:32:01pas neutre, pas anodine,
00:32:03et qui s'inscrit dans
00:32:05quelque chose de beaucoup plus large.
00:32:07Quand on s'intéresse à qui est ce monsieur,
00:32:09cet individu que j'ai découvert
00:32:11comme beaucoup
00:32:13de gens vendredi soir
00:32:15sur C'est-à-vous,
00:32:17quand on s'intéresse à qui il est,
00:32:19ce qu'il charrie comme
00:32:21idéologie, par les messages
00:32:23qu'il a postés, notamment sur son compte
00:32:25Twitter, on se rend compte
00:32:27qu'il y a un continuum
00:32:29et on a une idéologie
00:32:31qui s'apparente
00:32:33à l'idéologie salafiste.
00:32:35Il fait référence à la charia,
00:32:37il en a le droit, encore une fois.
00:32:39Le sujet n'est pas est-ce qu'il a le droit,
00:32:41pas le droit, est-ce que ça tombe sous le coup de la loi ou pas.
00:32:43Je ne suis pas là pour,
00:32:45encore une fois, décortiquer
00:32:47l'ensemble de ces messages. Néanmoins, je note
00:32:49que à la tenue
00:32:51notoirement identifiée comme
00:32:53salafiste, s'ajoutent
00:32:55en effet des propos
00:32:57qu'on peut légitimement
00:32:59questionner, qui sont
00:33:01pour le moins ambiguës
00:33:03et qui posent un certain nombre
00:33:05de difficultés.
00:33:07Est-ce que cette tenue, selon vous,
00:33:09est une provocation ?
00:33:11Une tenue salafiste pour envoyer
00:33:13un signal dans une émission du service public ?
00:33:15Est-ce qu'on peut répondre à cette question ?
00:33:17Évidemment, la barbe qu'arbore
00:33:19ce monsieur, c'est la barbe de ce qu'on appelle
00:33:21les salaf-salaires, c'est-à-dire les compagnons du
00:33:23prophète. C'est pour ça qu'elle est
00:33:25finement rasée.
00:33:27Elle n'est pas finement rasée.
00:33:29Par rapport à d'autres,
00:33:31par rapport au hipster,
00:33:33elle est bien moins
00:33:35épaisse, on va dire.
00:33:37Évidemment, et l'Arkham qui nous avait invoqué
00:33:39la sémiologie, l'étude des signes, là, on est
00:33:41clairement dans la sémiologie du salafiste
00:33:43qui, en plus, a
00:33:45tenu des propos absolument
00:33:47condamnables et qui doivent, selon moi,
00:33:49tomber sous le coup de la main, mais ce n'est pas le sujet.
00:33:51Donc, il y a évidemment une causalité entre
00:33:53ce qu'il a dit, ce qu'il pense,
00:33:55ce qu'il montre à travers les réseaux sociaux
00:33:57et la posture qu'il incarne là
00:33:59dans une émission de télévision
00:34:01du service public. Moi, je m'interroge
00:34:03quand même sur les producteurs, les réalisateurs
00:34:05de cette émission qui
00:34:07invitent une personnalité de ce type
00:34:09qui prône une idéologie
00:34:11sachant que nous avons
00:34:13quand même vécu le Bataclan, nous avons quand même
00:34:15vécu Charlie Hebdo et qu'on veut inviter
00:34:17une personne, encore une fois, qui incarne
00:34:19l'idéologie islamiste qui conduit
00:34:21qui est la chaîne de production idéologique qui conduit
00:34:23au terrorisme. Moi, ça m'interroge
00:34:25réellement sur le rôle du service public.
00:34:27Mathieu Pigasse, qui est un des
00:34:29actionnaires de MediaOne
00:34:31et c'est MediaOne qui produit cette émission
00:34:33pour le service public, a soutenu
00:34:35manifestement...
00:34:37Quand on va fouiller
00:34:39dans les coulisses, dans les poubelles
00:34:41les malheureux tweets
00:34:43parfois faits par un homme ou une femme
00:34:45de droite ou d'extrême droite
00:34:47là, on a une mémoire
00:34:49terrifiante. Mais lorsque
00:34:51vous avez totalement raison, je ne
00:34:53comprends pas comment
00:34:55on est forcément au courant
00:34:57des tweets de cet homme.
00:34:59Mais c'est parce qu'il l'approuve.
00:35:01Ils sont au courant, ils l'approuvent.
00:35:03S'ils ne l'approuvaient pas, ils ne seraient pas à l'antenne.
00:35:05L'islamo-gauchisme a gangréné
00:35:07une partie de la classe politique.
00:35:09L'islamo-gauchisme est représenté à l'Assemblée nationale.
00:35:11Faites un sondage dans ces sociétés de
00:35:13production et à France Télévisions pour savoir
00:35:15combien, parmi tous les salariés, votent pour la
00:35:17France insoumise. Il n'y a pas de raison que l'islamo-gauchisme
00:35:19n'ait pas gangréné cette société
00:35:21de production. Enfin, pardon, regardez
00:35:23c'est à vous, écoutez France Inter
00:35:25qui déroule le tapis rouge quand ils reçoivent
00:35:27Rima Hassan. Il faut voir de quelle manière elle est interrogée.
00:35:29Oui, l'islamo-gauchisme, il a aussi
00:35:31gangréné une partie de cette société-là.
00:35:33Ce qui est drôle surtout, c'est
00:35:35des rires en plateau. C'est pas du tout drôle.
00:35:37Des rires forcés.
00:35:39Et tout le monde se croit obligé de rire
00:35:41parce que si tu ris, t'es raciste.
00:35:43Voilà.
00:35:45C'est le pas d'amalgame, la menace au racisme,
00:35:47le chantage à l'islamo-gauchisme.
00:35:49Surtout que je ris parce que si je ris pas, on va me prendre
00:35:51pour un homme d'extrême droite.
00:35:53Ecoutez, écoutons
00:35:55Madame Goulet, elle était ce matin avec Romain Desarbres.
00:35:57Je suis un peu
00:35:59perturbée par sa présence
00:36:01sur le service public.
00:36:03C'est pas au faciès, ce qu'il a écrit
00:36:05est condamnable.
00:36:07Évidemment,
00:36:09c'est vraiment un sujet.
00:36:11Mais le fait qu'il apparaisse sur le service
00:36:13public est aussi une espèce
00:36:15de normalisation
00:36:17de ce qu'il représente,
00:36:19même s'il est déguisé, même si c'était de la provocation.
00:36:21Moi, j'ai trouvé que c'était un sujet
00:36:23qui devait être soumis
00:36:25aux questions d'actualité hier.
00:36:27Ça me semble vraiment pas acceptable
00:36:29pour le service public. Il n'y a rien d'anodin
00:36:31en ce moment. Dans la société telle qu'elle est,
00:36:33avec les influences qu'on a, il n'y a jamais rien
00:36:35d'anodin à une heure de grande écoute.
00:36:37C'est un message politique. On est un certain
00:36:39nombre à l'avoir interprété comme ça.
00:36:41Maintenant, si les gens veulent aller le voir au théâtre,
00:36:43c'est pas une violation
00:36:45de sa liberté d'expression. C'est une limitation
00:36:47de ce qu'on peut faire ou pas faire sur le service public
00:36:49qui doit une certaine neutralité
00:36:51aux téléspectateurs. Je rappelle que
00:36:53M. Benlazard avait dit « t'étais encore
00:36:55en club alors que la place d'une femme est à la
00:36:57demeure auprès de son père, craint ton seigneur,
00:36:59blâme pas le frère de chez
00:37:01UPS ».
00:37:03Il répondait simplement à quelqu'un qui disait
00:37:05« je paye la livraison 24h », etc.
00:37:09Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce sujet.
00:37:11Bobini ?
00:37:13L'humour communautarisé,
00:37:15populaire communautarisé, il date pas
00:37:17de cette émission de service public.
00:37:19Ça fait 40 ans que c'est comme ça en France
00:37:21où l'humour, notamment le
00:37:23Jamel Comedy Club qui a valorisé
00:37:25des petites vannes interethniques
00:37:27pour amuser la galerie.
00:37:29C'est pas la même chose.
00:37:31Vous n'allez pas comparer le talent de Jamel
00:37:33avec ce monsieur.
00:37:35Ça n'est pas sorti comme ça
00:37:37du chapeau, ça fait des années
00:37:39que c'est dilué dans l'espace
00:37:41de l'audiovisuel.
00:37:43Et c'est rarement drôle en effet.
00:37:45Bobini, un collégien qui était dans le coma, il ne l'est plus
00:37:47d'ailleurs après une agression à proximité de son établissement.
00:37:49Je vous propose de voir le sujet de Corentin Alonso.
00:37:52L'agression s'est déroulée
00:37:54aux abords de l'établissement.
00:37:56A la sortie de son collège,
00:37:58un élève a été brutalement pris à partie
00:38:00et frappé par plusieurs individus.
00:38:02Le collégien a dû être placé
00:38:04dans un coma artificiel.
00:38:06Le rectorat de Créteil a précisé
00:38:08ne pas connaître le motif de l'agression.
00:38:10Il a été agressé à 300-400 mètres
00:38:12du collège mardi en fin d'après-midi
00:38:14par des individus
00:38:16cagoulés non reconnaissables.
00:38:18Nous exprimons notre soutien
00:38:20aux collégiens et à sa famille.
00:38:22Une explosion de violence qui surprend
00:38:24cette habitante que nous avons rencontrée.
00:38:26Elle appelle à augmenter la présence policière
00:38:28pour empêcher que ce type d'agression
00:38:30puisse se reproduire.
00:38:32Et la police municipale, elle est où ?
00:38:34On en a.
00:38:36Moi je suis habitante de Bobini,
00:38:38je travaille à Bobini, on en a.
00:38:40Mais où sont-ils ?
00:38:42Ça serait bien qu'ils soient aux abords des collèges justement.
00:38:44Hier après-midi, le collégien agressé est sorti du coma.
00:38:46Il a pu être auditionné par les enquêteurs.
00:38:48La violence des mineurs.
00:38:50C'est un sujet...
00:38:52C'est un symptôme de plus d'une hyper-violence
00:38:54des mineurs qui est en septembre
00:38:56dans la France tout entière,
00:38:58d'une éducation nationale qui navigue à vue
00:39:00face à cette hyper-violence.
00:39:02Toutes les statistiques sont accablantes.
00:39:04100 000 professeurs menacés ou agressés par an.
00:39:06Le troisième pire climat disciplinaire
00:39:08de l'OCDE sont les statistiques.
00:39:10Le pire taux de circulation des couteaux
00:39:12et des armes à feu au monde en France.
00:39:14Il faut évidemment une réponse du point de vue...
00:39:16Oui, c'est dans les enquêtes PISA.
00:39:18On est le pays où on a le plus de couteaux
00:39:20et d'armes à feu qui circulent.
00:39:22Dans les pays étudiés de l'OCDE.
00:39:24En pourcentage, évidemment.
00:39:26Oui, en pourcentage d'élèves qui disent avoir vu
00:39:28des armes circuler dans leur établissement.
00:39:30Par rapport aux Etats-Unis, c'est quand même surprenant.
00:39:32Oui, des armes à feu, vous m'étonnez.
00:39:34Il faut un sursaut en matière éducative.
00:39:36Rompre avec des décennies de discours libéral, libertaires
00:39:38sur l'élève au centre.
00:39:40Mais qu'est-ce qu'on fait avec les couteaux, par exemple ?
00:39:42Il y a quelqu'un l'autre jour qui a proposé
00:39:44d'appliquer la loi, faire preuve d'intransigeance.
00:39:46Mais qu'est-ce qu'on fait avec les couteaux ?
00:39:48Mettre des portiques aux entrées des établissements,
00:39:50des peines planchées en conseil de discipline.
00:39:52Et il faut une réponse du point de vue de la société tout entière.
00:39:54Parce que ce n'est pas juste l'école le problème.
00:39:56L'école, c'est un réceptacle d'une violence qui est dans la société aujourd'hui.
00:39:58Sarah Knafo dans le JT News.
00:40:00C'est la responsabilisation des parents.
00:40:02Ils ne sont jamais condamnés, d'ailleurs.
00:40:04Sarah Knafo dans le JT News.
00:40:06Vous allez pouvoir commenter.
00:40:08Un homme qui tue à 16 ans doit savoir qu'il peut passer sa vie en prison.
00:40:10On ne peut pas risquer qu'il prenne une autre vie innocente.
00:40:12Vous êtes d'accord ?
00:40:14Oui, oui, totalement.
00:40:16Un homme qui tue à 16 ans.
00:40:18Un homme qui tue à 16 ans
00:40:20doit savoir qu'il passe sa vie en prison.
00:40:22Un homme,
00:40:24sa vie en prison, en tout cas,
00:40:26on n'a pas de raison de lui appliquer
00:40:28un traitement plus indulgent
00:40:30que celui qu'on adapterait
00:40:32à un adulte.
00:40:34Il ne faut plus hésiter à recourir à des saisies sur les salaires
00:40:36ou sur les aides sociales.
00:40:38D'accord.
00:40:40Qui peut croire qu'un adolescent afghan, par exemple,
00:40:42intégrera facilement nos mœurs ?
00:40:44D'accord.
00:40:46On ne calme pas un adolescent ultra-violent
00:40:48avec des cours d'empathie.
00:40:50Ceux qui ont la violence pour langue maternelle
00:40:52sont sensibles aux réponses impitoyables.
00:40:54Notre système protège les minaires de la sanction
00:40:56au lieu de les préserver du crime.
00:40:58C'est Sarah Knafo.
00:41:00Lorsqu'on a l'humanisme vigoureux,
00:41:02on ne peut qu'être d'accord
00:41:04avec l'ensemble de ce qu'elle a dit.
00:41:06Qu'est-ce qu'on fait avec les couteaux ?
00:41:08Qu'est-ce qu'on fait avec les couteaux ?
00:41:10Qu'est-ce qu'on fait avec quelqu'un qui a un couteau ?
00:41:12Déjà, malgré le nombre,
00:41:14il faudrait,
00:41:16à chaque fois qu'on interpelle
00:41:18qui que ce soit avec un couteau,
00:41:20faire une procédure
00:41:22et puis le renvoyer devant le tribunal.
00:41:24Mais il n'y a rien dans la loi aujourd'hui.
00:41:26Recommencer comme je l'ai connu,
00:41:28pardon de ressasser cela,
00:41:30à une certaine époque,
00:41:32j'ai connu devant les tribunaux correctionnels
00:41:34des gens qui étaient renvoyés
00:41:36parce qu'ils portaient un couteau.
00:41:38Donc Philippe, ce que la loi actuelle
00:41:40permet toujours de faire,
00:41:42est-ce qu'il faut faire des contrôles ?
00:41:44Est-ce qu'il faut aller dans un établissement,
00:41:46un lycée, mettre tout le monde dans la cour
00:41:48et fouiller les jeunes gens pour savoir qui est inculpé ?
00:41:50Oui, au moins je serais partisan
00:41:52de toutes les mesures
00:41:54qui permettent d'éradiquer
00:41:56un fait.
00:41:58Donc on va dans un lycée,
00:42:00à l'échelle d'une classe.
00:42:02Ça ne me ferait pas choquer du tout.
00:42:04Voilà, on fait venir en vie des policiers
00:42:06et on fait des contrôles.
00:42:08Ça arrivait déjà à l'époque pour la drogue.
00:42:10Moi quand j'étais au collège,
00:42:12une fois par an, des policiers venaient avec des chiens
00:42:14et fouillaient nos cartables pour nous policier.
00:42:16Les équipes éducatives peuvent dire
00:42:18un enseignant avec le proviseur
00:42:20et deux CPE peuvent arriver en disant
00:42:22allez inspection des sacs.
00:42:24Vous imaginez Pascal, on a déjà du mal
00:42:26avec les portables,
00:42:28avec les couteaux.
00:42:30Il y a beaucoup d'effets d'annonce.
00:42:32Une vraie réponse par ailleurs.
00:42:34C'est la journée sans portable d'ailleurs.
00:42:36Aujourd'hui ?
00:42:38Vous avez perdu un portable dans votre vie ?
00:42:40Oui. J'ai quoi ?
00:42:42Vous avez perdu un portable ?
00:42:44J'en ai perdu 3-4 fois.
00:42:46Ça m'arrive, j'oublie, j'ai pas la tête en l'air.
00:42:48Vous avez perdu un portable ?
00:42:50Oui, ça m'est arrivé.
00:42:52Quelques fois.
00:42:54Et vous ?
00:42:56Une fois on se sent très mal
00:42:58quand on m'a agressé pour mon sac.
00:43:00Alors là vous ne l'aviez pas perdu.
00:43:02Vous ne l'aviez pas oublié.
00:43:04Et vous vous êtes sentie comment ?
00:43:06Au début très mal
00:43:08et après la journée se passe différemment
00:43:10et elle est plutôt heureuse.
00:43:12On le remplace assez rapidement.
00:43:14On sent un peu.
00:43:16Je suis d'accord.
00:43:18Écoutez, puisqu'on parle de ça,
00:43:20écoutez des Français
00:43:22qui ont été interrogés
00:43:24par CNews aujourd'hui.
00:43:26Beaucoup.
00:43:28Beaucoup trop.
00:43:30Je ne pourrais pas le compter.
00:43:32Pratiquement tout le temps.
00:43:34Maintenant c'est devenu un peu une drogue.
00:43:36Je fais partie des vieux dinosaures.
00:43:38Donc très peu, vraiment.
00:43:40Entre une demi-heure et une heure peut-être.
00:43:42Maximum une heure.
00:43:44Une heure et demie
00:43:46sur le portable
00:43:48pour voir
00:43:50ce qui se passe
00:43:52comme actualité.
00:43:54C'est à peu près
00:43:56en moyenne deux heures, deux heures et demie.
00:43:58Je ne suis pas de la génération portable
00:44:00au départ
00:44:02mais ça nous a pris en cours.
00:44:06Je crois que c'est cinq heures par jour.
00:44:08Cinq heures et demie même.
00:44:10Je pense que c'est pour ça que ça chiffre vite.
00:44:12GPS, réseaux sociaux,
00:44:14appels, tout.
00:44:16Cinq heures et demie par jour.
00:44:18Tiens, on pourrait faire un test.
00:44:20Il me semble que vous avez
00:44:22dans les paramètres.
00:44:24On va tous le faire si vous voulez.
00:44:26Moi je le sais.
00:44:28Et on va dans quoi après ?
00:44:30On va dans l'écran.
00:44:32Je ne vais pas dire le mien
00:44:34parce que c'est absolument dramatique.
00:44:36Ah bon ? Pourquoi ?
00:44:388h37.
00:44:40C'est dans l'écran.
00:44:427h30.
00:44:44C'est la moyenne quotidienne.
00:44:46Paramètre c'est où ?
00:44:48Je ne vois pas paramètre.
00:44:50C'est en bas.
00:44:52Réglage dans l'écran.
00:44:54Réglage ?
00:44:56Au début.
00:44:58Est-ce que vous voyez réglage ?
00:45:00Réglage ?
00:45:024h29.
00:45:04C'est moyenne quotidienne
00:45:064h29.
00:45:087h20.
00:45:107h20.
00:45:12Vous n'avez rien à faire.
00:45:14C'est mon outil de travail.
00:45:16J'écris mes articles avec ça.
00:45:18J'écris mes articles avec ça.
00:45:20Vous écrivez comment vos articles du JDD ?
00:45:22J'écris comment ?
00:45:24Vous les tapez comment ?
00:45:26Je les tape à l'ordi.
00:45:28A l'ordinateur.
00:45:30A l'ordinateur.
00:45:32C'est pas anodin que j'ai la moyenne la plus élevée
00:45:34C'est pas anodin que j'ai la moyenne la plus élevée
00:45:36parce qu'il y a une vraie dynamique générationnelle
00:45:38qui est extrêmement délétère.
00:45:40Je présume.
00:45:42Je présume.
00:45:44Vous avez une enquête du Centre national du livre
00:45:46qui a montré que les jeunes aujourd'hui de 16-19 ans
00:45:48passaient 12 minutes en moyenne par jour à lire
00:45:50versus 5h10 sur des écrans.
00:45:52Vous pouvez faire un jeu de surexposition des mineurs
00:45:54aux écrans.
00:45:56Vous voyez cette image
00:45:58de la censure, avant la pause ?
00:46:00Vous voyez cette image ?
00:46:02Vous voyez cette image d'Olivier Faure
00:46:04qui a tweeté. Vous avez peut-être vu cette image.
00:46:06Olivier Faure viendra sans doute le moment
00:46:08des excuses a-t-il dit.
00:46:102 censures non votées par le PS et le RN.
00:46:12Les nouvelles alliances. C'est un tweet de la France Insoumise
00:46:14à nous haïr ? C'est tellement outrancier, ça n'a absolument aucun sens, ça ne correspond
00:46:21à aucune réalité, c'est simplement être… j'imagine que le Parti Socialiste se sent
00:46:26insulté, pour le Parti Socialiste c'est une humiliation supplémentaire, je me dis,
00:46:31mais si le Parti Socialiste retourne à ce qu'on appelle la gamelle au moment des élections
00:46:36législatives, il y a une nouvelle dissolution, là vraiment ils n'auront aucun amour propre.
00:46:41La France Insoumise se comporte avec le Parti Socialiste comme un paillasson, le Parti Socialiste
00:46:47est le paillasson de la France Insoumise.
00:46:48Oui, après la réalité c'est que le Parti Socialiste n'aurait plus aucun député
00:46:50sans la France Insoumise.
00:46:51J'entends bien, mais la réalité est celle-ci, ils ont plus d'électeurs et ça coquille
00:46:57nous avec la France Insoumise.
00:46:58Les Insoumis, ils n'ont pas attendu cette affiche pour se voter dans l'indemnité.
00:47:03La pause, on va recevoir une grande amie, Laetitia Desloux, que nous avons connue dans
00:47:09une autre maison qui était à LCI et qui a écrit un roman, mesdames, messieurs, formidable.
00:47:13Alors ça, elle m'a scotché.
00:47:16Ça s'appelle « L'amour et autres mensonges ». Je lui ai dit, ou tu es une écrivain
00:47:25majeure de ce pays et tu vas en faire d'autres, ou comme beaucoup de gens, tu as écrit un
00:47:31livre, il n'y en aura qu'un, mais c'est tellement proche de toi que ça va être merveilleux.
00:47:35Si vous voulez un vrai roman d'amour, un vrai roman de sensibilité, d'émotion, qui
00:47:41vous tirera les larmes, lisez « L'amour et autres mensonges » avec cette question
00:47:46essentielle, quand l'amour passe, qu'est-ce qu'on doit faire ? Parce que l'amour est
00:47:52shakespearien, l'amour ne se susurre pas, l'amour se hurle.
00:47:58Interessant, Pascal, on peut faire les deux, exactement.
00:48:04La pause et nous revenons, « L'amour est shakespearien ». A tout de suite.
00:48:13Les 10h01, Sommeil à l'Abidi nous rappelle les titres.
00:48:18Un comité interministériel sur l'intelligence artificielle programmé à 10h à Matignon.
00:48:24Une réunion avant le lancement à Polytechnique de deux grands jours d'échange entre experts
00:48:28sur cette technologie.
00:48:29Et dès lundi, c'est le Sommet mondial sur l'IA qui s'ouvrira à Paris avec les
00:48:34grands patrons de la tech et les principaux chefs d'État.
00:48:37Bonne nouvelle pour les vacanciers.
00:48:39Réouverture de la RN90 après l'éboulement survenu le 1er février dernier.
00:48:44Toutes les stations de Tarentaise seront accessibles ce week-end sur le préfet de Savoie.
00:48:50Réouverture qui coïncide avec le début des vacances scolaires dans la zone.
00:48:55Et puis avec une température moyenne d'un peu plus de 13 degrés, janvier 2025 a été
00:49:00le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré dans le monde.
00:49:04Une annonce de l'Observatoire européen Copernicus qui précise que le précédent record date de 2024.
00:49:10Merci.
00:49:11Je vous présente Laetitia De Luca.
00:49:14Déjà quand on s'appelle Laetitia De Luca, on peut traverser la vie.
00:49:18Voilà, c'est un prénom et un nom qui marquent.
00:49:22Et vous avez écrit, et c'est votre premier livre, L'amour et autres mensonges.
00:49:26Bonjour.
00:49:27Bonjour Pascal.
00:49:28On s'est connus dans une autre vie puisque vous étiez à l'époque à LCI.
00:49:31Vous dirigez la presse d'LCI.
00:49:33Et puis vous avez fait, comme beaucoup de gens, vous avez écrit un premier roman.
00:49:36Et dans 9 cas sur 10, disons-le, c'est une catastrophe.
00:49:39Parce que les gens en parlent d'eux, on voit que c'est mal construit, que c'est mal écrit.
00:49:42Et là, c'est un miracle.
00:49:44Ce livre est un miracle.
00:49:46C'est-à-dire que c'est un page-turner.
00:49:48Tu le lis, tu ne peux pas décrocher.
00:49:50C'est un livre de sensibilité, d'émotion et qui raconte une histoire qui nous touche tous,
00:49:55parce que c'est l'amour.
00:49:56Bon, qu'est-ce qu'on fait ?
00:49:58Qu'est-ce qu'on fait quand l'amour passe ?
00:50:00Quand le grand amour passe ?
00:50:01Qu'est-ce qu'on doit faire ?
00:50:03Et je vais dire une chose horrible, sans doute pour commencer, c'est horrible pour beaucoup.
00:50:08Seule une femme peut écrire un roman comme vous avez écrit.
00:50:13Seule une femme, je ne sais pas.
00:50:15Effectivement, la question que je me posais, c'est qu'est-ce qu'on fait quand on est marié,
00:50:20vie bien cadrée, bien rangée, et que tout à coup, on rencontre un homme
00:50:25qui nous fait basculer dans l'infidélité et oublier tous nos principes ?
00:50:29La première page, les premières pages d'un roman sont toujours formidables.
00:50:33Et pour vous donner le ton, parce que dans ce roman, il y a beaucoup de sensibilité,
00:50:37mais il y a beaucoup d'intelligence.
00:50:39Ce n'est pas si fréquent l'intelligence dans un roman.
00:50:42Toutes les familles ont leur tradition.
00:50:44La nôtre, manifestement, est de tromper son mari.
00:50:47J'ai longtemps cru pouvoir y échapper, mais j'ai présumé de mes forces.
00:50:50Pourtant, chacun le sait, les chiens ne font pas des chats.
00:50:53D'ailleurs, c'est en allant promener le mien que c'est arrivé.
00:50:56Et je trouve qu'il y a déjà la couleur, le ton de ce que sera cette histoire d'amour.
00:51:03Et au-delà, le regard que vous allez porter sur l'homme,
00:51:08mais aussi sur les enfants, sur la vie, sur vous.
00:51:11Et c'est ça qui est intéressant, c'est ce regard-là que vous mettez en place.
00:51:14Ce qui n'est pas banal dans cette histoire, c'est que l'héroïne qui part promener son chien
00:51:20est elle-même issue d'une relation adultérine que sa mère a commise dans les années 70
00:51:28avec un réfugié, un jeune médecin, un réfugié uruguayen qui fuyait la dictature en Uruguay.
00:51:35Alors, il y a une construction, parce qu'en plus, on apprend beaucoup de choses.
00:51:38Comment vous savez tout ça, Laëtitia, sur ce qui s'est passé en Uruguay de ça ?
00:51:42Et vous aviez fait votre thèse d'étudiante sur la dictature uruguayenne, c'est bien ça ?
00:51:47Oui, qui est une dictature peu connue.
00:51:50On connaît l'Argentine, on connaît le Chili, le Brésil.
00:51:53Mais à la même époque, dans un tout petit pays, dans la même région qui s'appelle l'Uruguay,
00:51:58il y a eu une dictature sanglante qui détient le triste record
00:52:02du plus grand nombre de prisonniers politiques rapportés à sa population.
00:52:07Et faire cette thèse sur l'Uruguay, ça m'a confrontée à la barbarie des hommes.
00:52:13Et là où le livre est formidable, c'est qu'aussi on apprend plein de choses.
00:52:17C'est-à-dire qu'il y a d'abord une qualité narrative,
00:52:20une construction qui est assez surprenante pour quelqu'un qui n'a jamais écrit forcément un roman.
00:52:24Mais on apprend effectivement.
00:52:26Donc cet homme, il est médecin.
00:52:28Et puis il est amené régulièrement dans les prisons pour constater des morts.
00:52:34Et on lui demande de ne pas constater véritablement ce qui s'est passé.
00:52:39De couvrir les crimes de la dictature.
00:52:42Donc il part en France.
00:52:44Il laisse sa famille, sa femme, ses deux enfants.
00:52:47Il arrive dans le nord de la France.
00:52:49Et puis il y a cette jeune femme, qui est la mère de celle qui parle au départ,
00:52:53je ne sais pas si vous me suivez,
00:52:55qui va le rencontrer, qui a déjà un enfant.
00:53:00Et puis qui va tomber folle amoureuse de cet homme.
00:53:04Et c'était cette histoire que je vous racontais.
00:53:06Bon alors on va en parler bien sûr tout à l'heure.
00:53:08Simplement vous connaissez le principe de notre émission.
00:53:11La dernière demi-heure on aime faire des allers-retours entre l'actualité
00:53:15et puis parfois un roman ou notre invité.
00:53:18Et je voulais qu'on parle des LR quand même.
00:53:20Avec le sondage des personnalités LR.
00:53:23Puisque c'est monsieur Retailleau qui est devant.
00:53:26Auprès des gens de droite.
00:53:29Évidemment il va y avoir...
00:53:31Quelques ennuis avec LR.
00:53:33Quelques batailles.
00:53:35Alors écoutons LR.
00:53:36Hier il y avait quoi ? C'était une réunion...
00:53:38Pourquoi hier ?
00:53:39C'est un bureau politique.
00:53:40Un bureau politique pour effectivement envisager l'après.
00:53:43Et comme toujours quand ça coince, on remet les problèmes à plus tard.
00:53:47LR a dit on se réunit aujourd'hui mais on réglera les problèmes lors d'une nouvelle réunion.
00:53:51Mais vous n'avez pas plus de choses à nous dire que ça ?
00:53:56Vous n'avez pas eu des petites informations ?
00:53:59C'est-à-dire que LR et Retailleau s'étaient répartis les choses de la manière suivante.
00:54:04Retailleau était censé incarner la droite au sein du gouvernement.
00:54:08Et LR devait être chargé de reconstruire le parti.
00:54:12Et éventuellement d'incarner la droite à la prochaine élection présidentielle.
00:54:16Seulement Retailleau voyant qu'il avait une popularité grandissante auprès des électeurs de droite.
00:54:21Il était le ministre préféré des Français au sein du gouvernement.
00:54:24Et est en train de se dire est-ce que je ne serai pas moi en capacité de reconstruire la droite ?
00:54:29Mais il a envie Bruno Retailleau ou pas ?
00:54:31Naturellement il a envie.
00:54:32Vous dites naturellement, moi je n'en sais rien.
00:54:34Il a envie d'être candidat ?
00:54:36Il a envie et il a déjà pensé être candidat lors de la dernière élection présidentielle.
00:54:41Mais il ne l'a finalement pas été.
00:54:43Et quand on a occupé les postes qu'il a occupés, des postes à responsabilité, des postes qu'il occupe aujourd'hui.
00:54:48Quand on voit que les opinions qu'on aimait dans les médias sont partagées par une grande majorité des Français.
00:54:54Naturellement on se dit mais pourquoi pas moi ?
00:54:56Alors il y a eu cette citation qu'on prête à M. Wauquiez.
00:55:01A toi Bruno d'incarner la droite au gouvernement.
00:55:03A moi de reconstruire notre famille politique.
00:55:05Si tu romps cet accord, tu porteras la responsabilité d'allumer une guerre des chefs qui sera dévastatrice.
00:55:09On ne brate pas la France comme ça.
00:55:11Laurent Wauquiez, ça ne se passe pas comme ça.
00:55:13C'est les Français qui décident.
00:55:14C'est un rapport entre un homme et le peuple.
00:55:19Ce n'est pas du marchandage.
00:55:21Moi ça m'a choqué.
00:55:23Les responsables politiques ont toujours fonctionné de cette manière-là.
00:55:26Chirac-Balladur, c'est exactement ce cas de figure-là.
00:55:29Jacques Chirac refuse d'aller à Matignon et laisse Balladur y aller à sa place.
00:55:34Parce que le deal c'est que Balladur s'occupe du gouvernement et Chirac prépare la prochaine présidentielle.
00:55:38Seulement ça se passe bien pour Balladur et il se dit pourquoi pas moi.
00:55:41C'est exactement ce qui se passe en ce moment entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez.
00:55:44Écoutons Laurent Wauquiez puis je vous donne la parole.
00:55:46Vous me dites ce que vous en pensez.
00:55:48L'objectif justement c'est de refonder tous ensemble avec un esprit collectif.
00:55:52C'est ce qu'on va essayer de faire.
00:55:53Merci à vous.
00:55:54Il y a une guerre des chefs qui se prépare dans votre parti ?
00:55:56Non, c'est justement ce qu'on veut éviter.
00:55:58Ce qu'on veut éviter ?
00:56:00Le problème c'est que Laurent Wauquiez, il n'imprime pas.
00:56:05Ce n'est pas qu'il n'imprime pas, c'est que ça ne fonctionne pas.
00:56:08Il y a surtout que sa stratégie, il s'en est expliqué sur une récente matinale,
00:56:11de dire je me suis mis en retrait depuis 2017.
00:56:15Je me mets en retrait.
00:56:16Eric Ciotti lui a donné ce statut de candidat naturel.
00:56:20Comment on peut être candidat naturel en se mettant en retrait pendant autant d'années
00:56:26alors que la vie politique du pays a été marquée par des crises,
00:56:30par les gilets jaunes, par le Covid, par la réforme des retraites ?
00:56:33C'est le refus d'obstacles.
00:56:34Comment est-il refus d'obstacles ?
00:56:37Il n'y a pas une once de différence idéologique entre eux.
00:56:40Mais en effet, les gens ont le sentiment que Laurent Wauquiez s'est tapi dans l'ombre pendant des années.
00:56:44Et non seulement il revient là, mais il revient par pur opportunisme,
00:56:47par obsession égotique du coup d'après.
00:56:50Il y a eu un sondage ?
00:56:53Obsession égotique, on va peut-être en rejeter.
00:56:56On ne va pas se mettre complètement à dos tout de suite Laurent Wauquiez.
00:57:00Si c'est possible.
00:57:03Déjà, s'il nous écoute régulièrement, je pense qu'il va pas être...
00:57:07Il a beaucoup de qualité par ailleurs, mais il y a eu un sondage dans le Figaro Magazine
00:57:12qui est très intéressant sur la cote d'avenir des personnalités de droite
00:57:15selon l'électorat de droite.
00:57:17Et on voit que Laurent Wauquiez est derrière Bruno Le Maire.
00:57:19Donc c'est assez inquiétant pour lui.
00:57:20Tout comme ce qui est assez inquiétant c'est...
00:57:22Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez, quand tu déjeunes avec eux,
00:57:26c'est la sincérité qui sera au cœur du déjeuner.
00:57:30Je ne vais pas aggraver mon cas, mais par ailleurs,
00:57:33Laurent Wauquiez n'a pas laissé que des bons souvenirs quand il était à la tête
00:57:35de ce parti entre 2017 et 2019.
00:57:37Ça s'est quand même soldé dans le débat clos aux antennes.
00:57:39Sérieusement, dans sa région, il est quand même apprécié.
00:57:44Il est très populaire.
00:57:46Il a fait du bon boulot.
00:57:48Les gens qui le connaissent, effectivement, adhèrent.
00:57:51Dans sa ville du Puy-en-Velay également, il a fait un bon travail.
00:57:53Il faut le dire quand même.
00:57:55C'est un grand politique et il ne part pas battu d'avance.
00:57:58Il jouit d'une grande intelligence.
00:58:01En tout cas, tous ceux qui le connaissent disent
00:58:03qu'il est plutôt intellectuellement extrêmement doué.
00:58:06Premier à l'agrégation.
00:58:07Major de l'agrégation.
00:58:08Une grande culture en tout cas.
00:58:10Major à l'agrégation.
00:58:12Vous êtes agrégé vous-même ?
00:58:14Je n'ai pas eu l'oral.
00:58:16Donc vous n'êtes pas agrégé.
00:58:17Je me rattrape ici.
00:58:19Vous êtes désagrégé.
00:58:22Mais le problème qu'a Laurent Wauquiez,
00:58:26qui est un problème vraiment au cœur de son ADN,
00:58:29parce que ça c'est toujours un miracle.
00:58:32Les gens, à tort ou à raison,
00:58:35pensent qu'il prépare un mauvais coup à chaque fois qu'il parle.
00:58:37Qu'il n'est pas sincère.
00:58:39C'est vrai que c'est quelque chose qui lui est beaucoup reproché.
00:58:41Avant on dit Laurent Wauquiez, il manque de sincérité.
00:58:44Il y avait une vieille expression dans le temps.
00:58:46Il y a plein de problèmes de sincérité et donc de rapport avec les électeurs au fond.
00:58:48Il y avait une vieille expression comme ça dans les campagnes dans le temps.
00:58:51Il y a une vieille expression dans les campagnes.
00:58:54C'est-à-dire, il est franc comme un âne qui recule, disait-on.
00:58:57Je ne dis pas que c'est le cas de Laurent Wauquiez.
00:59:00Une expression pour les palois.
00:59:01Faux et courtois comme un palois.
00:59:03Oui, alors il y avait aussi les trop polis pour être honnête.
00:59:06Trop polis, c'était les vieilles expressions des campagnes.
00:59:13Vous, vous venez de la ville, mais moi je faisais les foins à partir de septembre.
00:59:18Oui.
00:59:19Trop polis pour être honnête, je vais essayer d'être grossier alors.
00:59:22Non mais cher Pascal, je suis intéressé par le fait que les deux personnalités en tête de cette évaluation
00:59:32sont celles qui ont donné de la droite une image positive depuis quelques mois.
00:59:37Évidemment Bruno Retailleau et David Lysnard.
00:59:41J'ajoute que Laurent Wauquiez est l'homme des refus par rapport aux hommes d'action.
00:59:46Au fond, Laurent Wauquiez lorsqu'il parle de son souci du collectif,
00:59:52c'est assez amusant dans la mesure où il a tout fait pour éviter que Bruno Retailleau soit ministre.
00:59:59On va arrêter là peut-être.
01:00:01J'étais plutôt modéré finalement.
01:00:03On va peut-être arrêter là.
01:00:05Je voulais continuer à dire du bien de lui.
01:00:07C'est très important qu'à droite, enfin, il y ait des hommes comme Retailleau et David Lysnard
01:00:14qui montrent qu'une droite authentique peut exister.
01:00:17Et ça devrait vous toucher, ce que je dis.
01:00:20Mais pourquoi ? Moi je ne suis pas militant.
01:00:21Non.
01:00:22Non.
01:00:23Il n'y a pas de même.
01:00:24Je ne me sens plus à droite.
01:00:25Mais vous avez tort.
01:00:26Ah ben j'ai tort.
01:00:27Vous avez tort.
01:00:28Pour des questions sociétales, c'est presque un punk de gauche.
01:00:30Vous êtes assez étranger à LFI tout de même.
01:00:34Oui.
01:00:35Non.
01:00:36Au-dessus de la gauche, c'est la droite, c'est la France.
01:00:38Je ne voulais pas vous offenser.
01:00:40Vous apparteniez plutôt à une mouvance de droite conservatrice.
01:00:47Conservatrice ? Conservatrice, ce n'est vraiment pas le mot.
01:00:51Conservatrice, ce n'est pas le mot, si vous me permettez.
01:00:53Sur la PMA, la GPA, sur les gestes sociétaux, ce n'est pas très conservateur.
01:01:00On peut toujours trouver chez les êtres conservateurs des aides, des étincelles de progressisme.
01:01:06Mais en gros, je vous sentirais plutôt conservateur.
01:01:09Pierre Brochand.
01:01:10Pierre Brochand.
01:01:11Pierre Brochand, ancien directeur de la DGSE.
01:01:12On en a parlé hier.
01:01:14Vraiment, lisez cette interview dans Valeurs Actuelles.
01:01:18Pierre Brochand, ce n'est pas n'importe qui.
01:01:21C'est une voix qui compte.
01:01:22Parce que dans ce monde où les voix, parfois, il n'y a plus de hiérarchie,
01:01:27où on entend un député parfois qui sort de je ne sais où.
01:01:31Et puis, directeur de la DGSE, ce n'est pas rien.
01:01:35C'est-à-dire qu'on est au sommet de la pyramide de l'État.
01:01:38On est avec les grands serviteurs de l'État.
01:01:41Des gens qui ont une éthique.
01:01:42Le moule, d'ailleurs, est cassé de M. Brochand.
01:01:45Une éthique, mais aussi une responsabilité.
01:01:48Ce sont des gens qui ne parlent pas.
01:01:50Ils sont là pour servir le pays.
01:01:52Ils ne font pas de la politique.
01:01:53Et quand ils parlent, je pense qu'il faut l'écouter.
01:01:56Il faut l'écouter.
01:01:57Parce que quand il parle de pulsions suicidaires, il faut entendre son diagnostic.
01:02:01Alors, on a passé hier quelques passages.
01:02:04On peut revoir aujourd'hui ce qu'il a dit.
01:02:07Les derniers chiffres de l'immigration laissent entrevoir un phénomène plus massif que jamais.
01:02:11Vous qui avez appelé un contrôle strict de l'immigration, comment réagissez-vous ?
01:02:14Avec consternation, mais aussi exaspération.
01:02:17Car après 50 ans d'inaction, la déploration finit par lasser.
01:02:20Si je suis sorti de la réserve qui imposait mes fonctions antérieures,
01:02:23c'est parce que j'estimais de mon devoir, au nom de l'expérience accumulée,
01:02:26d'avertir mes concitoyens des périls, non pas de l'immigration en général,
01:02:30mais de celles que nous subissons actuellement.
01:02:32Comment ne pas déceler dans cet aveuglement une pulsion suicidaire
01:02:35que rien ne semble contrarier.
01:02:37Ça ne lui plaît pas de parler, M. Brochant.
01:02:39Je l'ai invité de nombreuses fois sur ce plateau.
01:02:43Il n'a jamais voulu venir.
01:02:45Parce qu'il n'a pas envie de se mettre en avant.
01:02:47Ce n'est pas le sujet.
01:02:48Mais il y a quelque chose qui le dépasse.
01:02:50Et il pense qu'au nom de la France, il doit parler.
01:02:52C'est d'ailleurs très beau comme démarche.
01:02:54Son entretien est brillant.
01:02:56Il a tout à fait raison sur le fait que ce n'est pas un problème de lucidité, mais de courage.
01:02:59Pierre Brochant, c'est un grand serviteur de l'État.
01:03:01C'est l'exact inverse de cette bourgeoisie dont parlait De Gaulle,
01:03:03qui était prête à tous les abaissements pour pouvoir continuer de dîner en ville.
01:03:06Et là, on voit derrière le témoignage de Brochant
01:03:10qu'il y a une vraie connaissance du monde,
01:03:12une connaissance de l'islam des décennies au service de l'État.
01:03:16Et c'est extrêmement intéressant.
01:03:18Parce qu'on ne peut pas, si vous voulez, apporter les bons remèdes aujourd'hui
01:03:20si on n'a pas les bons diagnostics, aussi pessimistes soient-ils.
01:03:23Est-ce qu'il donne des solutions ?
01:03:25Est-ce qu'il donne des solutions ? Oui, bien sûr.
01:03:27Êtes-vous favorable à des statistiques ethniques ?
01:03:29À l'évidence, car les statistiques fondées sur la nationalité
01:03:31perdent leur pertinence au fur et à mesure
01:03:33que les étrangers deviennent automatiquement français.
01:03:35Sans perdre les traits qui en faisaient des allogènes.
01:03:38De toute façon, si on entend traiter un problème,
01:03:40il importe d'en connaître toutes les dimensions.
01:03:42Donc voilà, ça, ça fait partie de cela.
01:03:44Dans les solutions qu'il imagine,
01:03:46plus aucune régularisation sur le sol français.
01:03:49Il faut stopper l'immigration. Voilà ce qu'il pense.
01:03:52J'avais été extrêmement honoré, il y a cinq ans,
01:03:54d'être parmi les premiers à avoir donné une vaste tribune à Pierre Brochant
01:03:57pour exposer ses thèses en matière migratoire.
01:03:59Il nous allait faire un exposé tout à fait brillant de 80 pages
01:04:01qui aboutissait sur tout un tas de préconisations de politique publique.
01:04:04Maintenant, la question, c'est qui mettra en œuvre ces politiques publiques ?
01:04:07Sur ce sujet, c'est un des esprits les plus remarquables.
01:04:10C'est ça le vrai problème, c'est ça le vrai échec cuisant et sanglant
01:04:12de la Ve République, c'est la politique de la ville.
01:04:14Et c'est la politique de la ville qui a engendré tous les problèmes
01:04:17que nous connaissons liés à l'immigration criminogène.
01:04:20C'est ça la réalité.
01:04:21Oui, mais aussi, comment dire, une difficulté de dire les choses.
01:04:26Oui, c'est très bien qu'il le dise.
01:04:28Il l'avait déjà précédemment dit en parlant de l'immigration
01:04:31comme étant un enjeu majeur de la vie civique française.
01:04:34Il avait même démenti les chiffres des émeutiers
01:04:36qu'avait annoncés Darmanin.
01:04:38Il les avait lui-même estimés à plus de 100 000 émeutiers.
01:04:41Donc oui, Pierre Brochant a un diagnostic absolument lucide.
01:04:44Parlons d'amour.
01:04:45Mais le terrorisme a été méthodiquement organisé par les politiques publiques.
01:04:48Vivez-nous des choses tendres.
01:04:49Parlons d'amour.
01:04:50C'est de la complicité.
01:04:51Parlons d'amour.
01:04:52Le style.
01:04:53Moi, j'ai adoré ce bouquin, la fluidité du style.
01:04:55Je ne sais pas comment vous avez fait pour arriver à ce style-là.
01:04:58Est-ce sa robe qu'elle sait si flatteuse, l'air soif de cette soirée d'été,
01:05:03les œillades complices que lui lance Louis,
01:05:05tout en continuant son tête-à-tête avec Daniel,
01:05:07le cocktail de Fernet Branca que Moiraud vient de lui servir.
01:05:10Toujours est-il que Mathilde se censure d'elle.
01:05:13Elle part à la conquête des autres, invitée, portée par le désir de plaire.
01:05:16A chacun étourdi de se plaire à elle-même.
01:05:18Papillonne de l'un à l'autre, trouvant la phrase juste,
01:05:21le mot qui fait mouche, avec un humour qui la surprend.
01:05:23Il faut dire que les convives lui facilitent la tâche.
01:05:26Ils semblent prêts à croquer dans cette soirée, comme dans un fruit juteux.
01:05:29Il y a Blanca, la prof de droit rigolote.
01:05:31Edgardo, professeur également, mais en sciences politiques,
01:05:34un peu perché, néanmoins passionnant, etc.
01:05:36Moi, ce qui me...
01:05:37Là encore, il y a un plaisir de lire.
01:05:42Vous ne vous regardez pas écrire,
01:05:44ce qui est souvent la difficulté quand on commence à écrire.
01:05:49Et tout ça est d'une fluidité, d'une sensibilité peu commune,
01:05:53avec un regard, comme je le disais, que vous portez sur cette histoire.
01:05:58Merci déjà de lire les extraits du roman.
01:06:03Ce roman, je l'ai écrit la nuit, les week-ends, à mes heures perdues.
01:06:10Et c'est vrai que j'ai ressenti une certaine magie,
01:06:16je n'ai pas d'autres mots, magie dans l'écriture.
01:06:18Alors, j'ai aussi connu les affres de la création,
01:06:21avec les hauts, les bas, les angoisses, se réveiller la nuit.
01:06:25Mais il n'y a rien de plus intense, en fait.
01:06:26Il n'y a rien de plus intense que ça, se réveiller la nuit
01:06:28avec le bon mot, la bonne chute, la bonne idée.
01:06:33Est-ce qu'il y a de la culpabilité, par exemple, pour cette femme,
01:06:35parce qu'elle est drôle de femme, d'une certaine manière.
01:06:39Elle ne dit pas à son mari qu'elle est enceinte d'un autre.
01:06:43On parle d'une femme qui vient d'un certain milieu,
01:06:48un milieu modeste, à une époque, les années 70,
01:06:52où on avait peut-être moins de liberté qu'aujourd'hui
01:06:55et on ne quittait pas son mari sur un coup de cœur ou sur un coup de tête.
01:06:59Et donc, qu'est-ce qu'elle fait ?
01:07:01Elle tombe folle amoureuse de ce réfugié, de ce médecin uruguayen,
01:07:07qui est un homme avec un certain charisme,
01:07:09qui est un homme qui, pour la première fois, l'écoute, la regarde
01:07:12et l'élève quelque part, ce que ne fait pas son milieu.
01:07:16C'est une jeune femme secrétaire qui n'a pas d'éducation,
01:07:19qui est confrontée au quotidien, quelque part, au mépris de classe.
01:07:24Et il se trouve que cet homme, qui lui, vient d'un autre milieu,
01:07:28d'une autre classe, qui est un intellectuel dans son pays,
01:07:30se trouve lui aussi déclassé en France, en arrivant en tant que réfugié.
01:07:34Et donc, elle se jette de toute son âme, de tout son cœur dans cette histoire
01:07:39et elle veut une trace, elle veut garder une trace.
01:07:42Et la trace, c'est ce bébé.
01:07:44Elle l'emmène, quand je dis que seule une femme peut écrire ça,
01:07:48pour lui annoncer.
01:07:50Elle va sur une plage, choisit ce moment particulier.
01:07:54Et alors, ce qu'on comprend, c'est que lui, c'est une sorte de cadeau
01:07:57qu'il va faire à cette femme, parce qu'il n'est pas question
01:07:59qu'il s'occupe de cet enfant qui naîtra.
01:08:01On le comprend, on le devine à la fin.
01:08:03Finalement, ce que j'ai voulu montrer aussi,
01:08:05c'est qu'en amour, souvent, on est deux, mais on ne vit pas forcément
01:08:09la même histoire.
01:08:11Malheureusement.
01:08:13Quand on vit la même histoire, c'est merveilleux,
01:08:15mais ce n'est pas toujours le cas.
01:08:16Mais on n'a jamais été dans un autre cerveau.
01:08:18Exactement. Et lui, c'est un politique.
01:08:21C'est un homme, c'est un militant.
01:08:23C'est un homme qui est brisé, déjà, quand il arrive en France,
01:08:26parce qu'on l'a dit, il a couvert les crimes de la dictature,
01:08:29il se sent coupable, il a laissé sa famille, son peuple,
01:08:32et il se reconstruit dans les bras de cette femme aimante
01:08:36et éperdument amoureuse de lui.
01:08:38Mais effectivement, il va être appelé à un autre destin.
01:08:42Ce qui est étonnant, il y a cette affaire qui se passe
01:08:46dans les années 70.
01:08:48Mais à un moment, cette femme a grandi.
01:08:50Ce bébé a grandi.
01:08:52Il naît en 74-75, ce bébé.
01:08:55Et puis à un moment, ce bébé a 20 ans.
01:08:57Et puis il y a sa mère qui lui dit,
01:08:59peut-être pas le père que tu croyais.
01:09:04À 20 ans, son monde s'écroule.
01:09:06Elle apprend tout à coup, non seulement que son père n'est pas son père,
01:09:09mais que sa mère, qui est la personne qu'elle aime le plus au monde,
01:09:13qui est celle qui lui a transmis son socle de valeur,
01:09:16lui a menti toute sa vie.
01:09:18Et elle-même, alors qu'on est en 95,
01:09:20il y a des allers-retours dans les années,
01:09:22parce qu'à un moment, cette jeune femme, elle a 40 ans,
01:09:25c'est dans la période des Covid, et c'est là qu'elle dit,
01:09:27moi aussi, j'ai envie de tromper mon mari, pourquoi pas,
01:09:30parce qu'elle sort dans la rue.
01:09:32Et là, il y a un retour sur elle-même, forcément,
01:09:36une sorte de filiation.
01:09:38Et c'était la première phrase que je lisais tout à l'heure.
01:09:41On est des menteuses de mère en fille.
01:09:43En fait, sa réaction à l'annonce du fait que son père n'était pas son père
01:09:48et qu'on lui avait menti, c'était de se dire,
01:09:50moi, je ne mentirai jamais.
01:09:52Elle s'était enfermée, finalement, dans un carcan de morale, on va dire,
01:09:57sans comprendre sa mère, d'ailleurs,
01:10:01et sans comprendre comment sa mère avait pu faire quelque chose
01:10:04d'aussi surréaliste, finalement.
01:10:08Et puis, un jour, boum, une rencontre,
01:10:12et elle-même est attirée vers ce qu'elle pense être,
01:10:16finalement, son héritage, la tromperie.
01:10:19Je me suis dit, en lisant ça, forcément, vous êtes mariée, j'imagine,
01:10:22vous avez des enfants, votre mari qui lisait ça,
01:10:25parce qu'il y a toujours quelque chose de soi dans l'écriture.
01:10:31Alors, je n'ai pas trompé mon mari, j'aime mon mari,
01:10:33tout va bien avec mon mari, c'est la question.
01:10:36De toute façon, vous ne diriez pas le contraire,
01:10:37je ne connais personne qui dit le contraire, d'ailleurs.
01:10:39Mais votre mari qui lisait ça, moi, je vous connaissais aussi.
01:10:42Franchement, tous ceux qui vous connaissent doivent vous dire la même chose.
01:10:45Parce que, derrière cette jeune fille extrêmement sage, très bien élevée,
01:10:50je vous ai dit, je ne sais pas comment vous étiez dans votre enfance,
01:10:54mais on sent quand même qu'il y a la rigueur,
01:10:56le côté, vraiment, je dois être la première,
01:10:59toujours être travaillée,
01:11:01peut-être est-ce le syndrome de la bonne élève,
01:11:04j'espère ne pas vous choquer en disant ça.
01:11:07J'ai le syndrome de la bonne élève.
01:11:08Voilà, de dire, vraiment, je dois être parfaite,
01:11:11et de la femme parfaite.
01:11:12Mais alors ça, votre mari peut se dire que…
01:11:16Mais c'est en ça que l'écriture, c'est formidable.
01:11:19On peut y mettre tout ce qu'on n'y met pas dans la vraie vie.
01:11:22Moi, ma vie est beaucoup moins romanesque que ce que j'ai raconté.
01:11:25Mais j'ai aimé réfléchir à tous ces sujets de grand amour,
01:11:30de secret, de trahison, de mensonge.
01:11:33Parce que, Pascal, tout le monde ment.
01:11:36On peut être tous autant qu'on est autour de cette table,
01:11:39si on fait notre petite introspection, on ment.
01:11:41Alors, parfois, il y a des mensonges de courtoisie,
01:11:45des mensonges par omission, des mensonges qui ne sont pas graves.
01:11:48Et puis, il y a des mensonges qui peuvent être beaucoup plus graves.
01:11:51Et là, j'ai poussé, effectivement, le curseur un peu plus loin.
01:11:53Et vous, vous avez un rapport, par exemple,
01:11:55vous ne supportez pas le mensonge chez les autres,
01:11:57ou vous pouvez être tolérante ?
01:12:00Le mensonge, c'est un sujet, effectivement,
01:12:03qui me taraude et qui me travaille.
01:12:05Moi, j'essaye de m'appliquer
01:12:09et de aussi transmettre aux autres
01:12:12que la vérité, ça doit être un chemin,
01:12:15ça doit être quelque chose qu'on cherche.
01:12:18On n'y arrive pas toujours à 100%,
01:12:20mais ça doit être une envie, même.
01:12:23Tu te rends compte que ta propre mère,
01:12:25la personne que tu aimes le plus au monde,
01:12:27celle en qui tu as le plus confiance,
01:12:29t'a menti toute ta vie ?
01:12:31Elle était censée être ton rock, tes fondations, ton modèle.
01:12:34Qui pourras-tu croire, désormais ?
01:12:36À qui pourras-tu te fier,
01:12:38sachant qu'elle a eu le mauvais goût
01:12:40de n'être pas celle qu'elle prétendait ?
01:12:42C'est elle qui nous a enseigné notre socle de valeur,
01:12:45qui nous a appris à distinguer le bien du mal.
01:12:47Et elle t'annonce, la bouche en cœur,
01:12:49qu'elle a manigancé depuis toujours.
01:12:51Comment va-t-on faire maintenant
01:12:53pour ne pas douter du monde entier ?
01:12:56C'est beau, non ?
01:12:58Je trouve que vous les dites très bien,
01:13:01avec beaucoup de simplicité, ce qui n'est jamais facile.
01:13:04Et ce sont des questions, je trouve, essentielles.
01:13:08Est-ce que vous avez des inspirateurs littéraires ?
01:13:17J'ai bien compris que c'est votre premier roman.
01:13:21Votre conception de l'amour,
01:13:23on vit deux histoires alors qu'on croit être ensemble.
01:13:27Mais est-ce que vous avez des inspirateurs
01:13:30qui vous ont servi un petit peu de guide ?
01:13:33Oui, mais pas forcément sur l'amour.
01:13:36Moi, j'aime beaucoup les romans
01:13:38dans lesquels la grande histoire
01:13:40vient percuter la petite histoire,
01:13:42la vie des gens ordinaires.
01:13:44Moi, mon plus gros choc littéraire,
01:13:47ça a été quand j'ai lu
01:13:49« L'insoutenable légèreté de l'être »
01:13:51de Milan Kundera.
01:13:53Après, j'aime beaucoup des romans...
01:13:56J'ai beaucoup aimé « À l'Ouest, rien de nouveau »
01:13:59d'Éric Maria Remarque.
01:14:01C'est toujours la même chose.
01:14:03On parle de grande histoire,
01:14:05mais c'est une somme de petites histoires,
01:14:07une somme de vies fracassées.
01:14:09J'ai trouvé vraiment très intéressant.
01:14:11Oui, j'ai toutes ces réflexions
01:14:13sur l'amour, sur le mensonge,
01:14:15sur les secrets de famille,
01:14:17mais j'ai voulu les insérer
01:14:19dans un contexte historique spécifique.
01:14:21C'était en Uruguay ?
01:14:23C'était Strasner ?
01:14:25Non, c'est un président
01:14:27qui s'appelle Bordabéry,
01:14:29qui a été le président,
01:14:31mais c'est une jinte militaire
01:14:33qui prend le pouvoir.
01:14:35Vous parliez tout à l'heure, Pascal,
01:14:37du mari dans tout ça,
01:14:39mais ce qui est remarquable
01:14:41avec la littérature,
01:14:43c'est que l'autre peut répondre aussi.
01:14:45Tolstoy avait fait à la fin du XIXe siècle
01:14:47un brûlot contre le couple,
01:14:49contre le mariage,
01:14:51qui s'appelait Lassonata Kreutzer,
01:14:53et sa femme Sophie lui avait répondu
01:14:55par un livre « A qui la faute »
01:14:57qui avait embrasé la Russie,
01:14:59donc parfois l'accusé a le droit
01:15:01de dire des choses très belles,
01:15:03parce que c'est compliqué
01:15:05comment on dit bonjour à son père
01:15:07lorsqu'on ne l'a jamais vu.
01:15:09Mais après, vous échangez avec lui,
01:15:11et là il y a une violence,
01:15:13parce que ce qu'il vous dit
01:15:15ne vous convient pas,
01:15:17il est distant,
01:15:19et vous lui faites comprendre
01:15:21qu'il ne faut pas être distant.
01:15:23En fait, mon héroïne,
01:15:25qui encore une fois apprend
01:15:27que son père n'est pas son père,
01:15:29que ses origines ne sont pas ses origines,
01:15:31que sa soeur n'est que sa demi-soeur,
01:15:33il y a tout un système mental
01:15:35d'identification
01:15:37et d'identité à revoir,
01:15:39pour accepter
01:15:41cette nouvelle,
01:15:43va regarder
01:15:45ce père uruguayen comme un héros,
01:15:47et surtout elle va le voir
01:15:49à travers les yeux de sa mère,
01:15:51dont c'est le grand amour,
01:15:53dont elle imagine cet homme
01:15:55qui a fui la dictature,
01:15:57qui a sauvé des vies,
01:15:59et elle veut le rencontrer
01:16:01pour se réapproprier une identité.
01:16:03Et puis la rencontre ne se passe pas
01:16:05exactement comme elle l'aurait espérée.
01:16:07Ce qui est très important pour les uns et les autres,
01:16:09c'est de savoir qu'ils sont le fruit d'un grand amour.
01:16:11Et les enfants posent souvent cette question.
01:16:13Est-ce que vous vous aimiez, etc.
01:16:15Et chacun de nous
01:16:17porte cette histoire, bien évidemment.
01:16:19Et chacun de nous s'est interrogé
01:16:21sur le couple que faisaient les parents.
01:16:23Et cette jeune femme,
01:16:25elle a un avantage,
01:16:27c'est qu'elle est le fruit d'un grand amour.
01:16:29Elle est le fruit d'un grand amour,
01:16:31et le fruit d'un gros mensonge.
01:16:33Elle a ces deux données en main.
01:16:35Il y a votre avis,
01:16:37qu'est-ce qu'il faut mieux être ?
01:16:39Le fruit d'un grand amour
01:16:41ou le fruit d'un petit amour sans mensonge ?
01:16:43Un grand amour avec un grand mensonge ?
01:16:45En tout cas, le fil rouge que je me suis imposé
01:16:47pendant toute l'écriture du roman,
01:16:49c'était de me dire,
01:16:51je ne juge pas mes personnages.
01:16:53Ni le père, ni la mère, ni la fille
01:16:55qui trompe son mari, je ne les juge pas.
01:16:57Et j'essaye d'aller au plus près
01:16:59de leur intimité,
01:17:01de leur point de vue.
01:17:03Alors c'est des points de vue qui ne vont pas
01:17:05toujours forcément ensemble,
01:17:07et qui créent parfois de gros dégâts autour d'eux.
01:17:09Mais en tout cas, j'ai essayé de ne pas juger.
01:17:11C'est chez Robert Laffont.
01:17:13Ce roman sera adapté,
01:17:15parce qu'il est très cinématographique.
01:17:17C'est un peu notre ligne ici,
01:17:19de ne jamais juger.
01:17:21Nous ne voulons jamais juger.
01:17:23Jamais, ni l'actualité,
01:17:25ni les personnages de l'actualité,
01:17:27ni rien du tout.
01:17:29Mais je suis sûr qu'il sera adapté.
01:17:31C'est un bonheur de l'écriture.
01:17:33On lise tous des tonnes de livres,
01:17:35et souvent ça nous tombe des mains.
01:17:37Et ce qui est plus dur encore,
01:17:39c'est de lire un livre de quelqu'un
01:17:41qu'il connaît.
01:17:43Parce que si tu ne l'as pas aimé,
01:17:45tu sais ce qu'il faut dire ?
01:17:47Vous savez les formules qu'il faut dire
01:17:49sur quelqu'un.
01:17:51Quand vous n'avez pas aimé,
01:17:53vous pouvez lui dire
01:17:55« tu dois être content ».
01:17:57Ou alors « il y a deux livres ».
01:17:59Ah bon ?
01:18:01T'as vu ? T'as remarqué ?
01:18:03A qui l'avez-vous dit dernièrement ?
01:18:05Ils se reconnaîtront ?
01:18:07A qui ?
01:18:09Ils viennent de se reconnaître.
01:18:11Tu dis à qui ?
01:18:13Il y a deux livres.
01:18:15C'est à l'heure, c'est ça ?
01:18:17Ça vous est déjà arrivé de le dire ?
01:18:19Non, mais pas du tout.
01:18:21C'est un truc bateau.
01:18:23« Tu dois être content ».
01:18:25Non, c'est bien.
01:18:27Sommeil à la BD nous rappelle les titres.
01:18:33Il a déjà tué il y a dix ans à Paris
01:18:35mais a été déclaré irresponsable pénalement.
01:18:37Soufiane O, l'homme de 37 ans,
01:18:39interpellé lundi soir à Livry-Gargon
01:18:41après avoir lardé deux coups de couteau
01:18:43à un jeune homme de 27 ans,
01:18:45avait été interné en 2015.
01:18:47Et en 2012, il s'est illustré
01:18:49dans des faits de violence
01:18:51pour lesquels il a également été déclaré irresponsable.
01:18:53Résultat sans appel
01:18:55de notre sondage CSA
01:18:57pour CNews Europe 1 et le JDD.
01:18:59A la question « faut-il inciter
01:19:01les personnes issues de l'immigration
01:19:03à venir s'installer en zone rurale ? »
01:19:0575% des sondés ont répondu non
01:19:07et peu importe la sensibilité politique.
01:19:09A gauche comme à droite,
01:19:11la majorité se prononce contre cette proposition.
01:19:13Et puis,
01:19:15un épais manteau neigeux
01:19:17recouvre le nord du Japon.
01:19:19Un épisode météorologique inédit
01:19:21avec des chutes de neige record
01:19:23comme vous pouvez le voir sur ces images.
01:19:25Conséquence, les autorités japonaises
01:19:27ont lancé un appel à la prudence
01:19:29alors que la tempête devrait s'intensifier
01:19:31dans les tout prochains jours.
01:19:33Merci Soumaya.
01:19:35Je regarde ma petite troupe,
01:19:37qu'il s'agit de guébons sur la piste improvisée.
01:19:39C'est votre famille et s'il suffisait
01:19:41d'avoir plein poumon, leur mine réjouit.
01:19:43Je décide, le temps d'une chanson au moins,
01:19:45de ravaler ma colère et mes jugements,
01:19:47de maquiller ma douleur et de tourner le doigt
01:19:49mes névroses. Je saute de mon tabouret
01:19:51et les rejoins, accompagnés par leur vivat.
01:19:53Antoine, c'est le mari,
01:19:55enchaîne les ides de notre plélis,
01:19:57ses sons hétéroclites qui n'ont de cohérence
01:19:59que pour nous. Parce qu'on les a aimés
01:20:01au fil des ans, parce qu'ils racontent la famille
01:20:03que nous sommes devenus. Et tout à coup,
01:20:05entre amis Winehouse et les Kids United,
01:20:07je comprends, il suffit royalement
01:20:09eux de savoir si je suis la fille de la lumière
01:20:11plus que celle des ténèbres,
01:20:13l'enfant de l'amour, plus que celui du mensonge.
01:20:15Antoine et maman, alors il y avait votre mère
01:20:17qui épluchait les iumes,
01:20:19Antoine et maman ont intégré depuis
01:20:21longtemps que je suis tout à la fois
01:20:23et ils sont bel et bien là à danser,
01:20:25que je suis tout ça à la fois
01:20:27et ils sont bel et bien là à danser avec moi.
01:20:29Et effectivement, ça se termine.
01:20:31C'est une ode à la famille à la fin, parce que finalement,
01:20:33vous dites, il faut rester...
01:20:35Elle se réconcilie avec elle-même
01:20:37et elle se réconcilie donc avec les gens
01:20:39qui l'entourent.
01:20:41C'est un joli livre sur l'amour.
01:20:43Ça vous plaît l'amour ?
01:20:45Bien sûr, mais il y a de grands livres sur l'amour
01:20:47qui ont été écrits.
01:20:49On aurait pu parler de
01:20:51Pablo Neruda aussi, que j'ai
01:20:53beaucoup cité dans mon...
01:20:55On exergue régulièrement chaque début
01:20:57de chapitre, alors je peux en citer
01:20:59plusieurs, par exemple
01:21:01« Tout n'était plus que vide
01:21:03et que mort et silence
01:21:05tout dans l'abandon et tout était
01:21:07déchu, inaliénablement
01:21:09tout était aliéné. »
01:21:11Parfois tu t'enfonces, tu tombes dans un trou de silence
01:21:13dans ton abîme d'orgueilleuse
01:21:15colère et c'est à peine si tu peux revenir
01:21:17même en lambeaux
01:21:19de ce que tu as découvert dans la profondeur
01:21:21de ton existence.
01:21:23Eh oui !
01:21:25C'est quoi le plus beau roman d'amour
01:21:27que vous ayez lu ?
01:21:29Moi j'en suis resté, de manière très classique, un amour de Svan.
01:21:31De Svan, vous dites ?
01:21:33De Svan.
01:21:35De Svan.
01:21:37Ah c'est, oui...
01:21:39C'est un amour un peu déçu
01:21:41si vous me permettez.
01:21:43Oui, oui, non mais je veux dire, c'est un très grand livre
01:21:45qui dit tout de l'amour.
01:21:47Oui, il dit tout de l'amour.
01:21:49Mais il peut y en avoir d'autres, mais...
01:21:51Belle du Seigneur, par exemple.
01:21:53Par exemple.
01:21:55Il dit tout de l'amour ?
01:21:57Deux histoires différentes, là ils n'ont pas vécu la même histoire
01:21:59non plus, tous les deux.
01:22:01C'est l'intérêt de l'administration dans Belle du Seigneur.
01:22:03Si vous me permettez, si vous trouvez qu'un amour de Svan
01:22:05dit tout de l'amour,
01:22:07la dernière phrase c'est
01:22:09il était amoureux d'une femme qui n'était pas du tout son genre.
01:22:11Qui n'était pas mon genre.
01:22:13Donc, c'est une conception de l'amour
01:22:15d'être avec une femme qui n'est pas son genre.
01:22:17C'est un peu la double histoire qu'on croit unique.
01:22:21Et on parlait...
01:22:23Bon, en tout cas, Laetitia De Luca,
01:22:25ça m'a fait plaisir de vous rencontrer,
01:22:27de vous revoir, il y a longtemps je ne vous avais pas vu en plus.
01:22:29Très longtemps.
01:22:31Bon, alors vous ne faites plus LCI ?
01:22:33Et non, j'écris.
01:22:35Et vous vivez à Paris ?
01:22:37Je vis à Saint-Rémy-de-Provence.
01:22:39Dans les Alpies.
01:22:41Quelle chance vous avez !
01:22:43On est très heureuse de vivre là-bas.
01:22:45Je viens souvent à Paris, mais on a une belle vie là-bas.
01:22:47Et là, vos enfants, ils sont à Saint-Rémy-de-Provence ?
01:22:49Ils sont à Saint-Rémy-de-Provence.
01:22:51Bon, écoutez...
01:22:53On viendra vous voir,
01:22:55dit Marine Lanson.
01:22:57C'était un bonheur.
01:22:59Et puis je vois Olivier Fich qui est venu avec vous.
01:23:01C'est l'ancienne team de TF1 qui est reconstituée.
01:23:03Il manque juste M. Jean-Claude Dassier.
01:23:05On le voit à 13h.
01:23:07Il est sur Europe 1.
01:23:09M. Fich était le bras droit
01:23:11longtemps de M. Dassier
01:23:13dans les années de TF1.
01:23:17Merci à Laurent Capra
01:23:19qui était à la réalisation, à Rémy qui était à la vision,
01:23:21à Maxence qui était au son.
01:23:23Marine Lanson et Liam Gigue étaient avec nous.
01:23:25Rémy, dans une seconde, rendez-vous ce soir.