Sibelius : Symphonie n°5 en mi bémol majeur op 82

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L'Orchestre Philharmonique de Radio France interprète la Symphonie n°5 en mi bémol majeur op 82 de Jean Sibelius sous la direction de Mikko Franck. Concert enregistré le 12 avril 2024 à l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

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Le 8 décembre 1915, la création de la Symphonie n° 5 participe à la célébration du cinquantième anniversaire de Sibelius, fêté dans toute la Finlande. En dépit de l’enthousiasme du public, le compositeur est insatisfait de sa partition, alors en quatre mouvements. La deuxième mouture, réalisée en 1916 et jouée le jour de ses cinquante et un ans, ne le convainc pas non plus. Au terme d’un long remaniement, une troisième version est dévoilée à Helsinki le 24 novembre 1919, dans une Finlande indépendante depuis presque deux ans.

La comparaison entre le premier jet et la partition définitive (la version de 1916 n’ayant pas été conservée) met en évidence un important de travail de condensation : la symphonie est écourtée, ses deux premiers mouvements condensés pour n’en former plus qu’un, une idée mise en œuvre dès 1916 (et qui rappelle la Symphonie n° 3, dont le dernier mouvement fusionne scherzo et finale). Comme à son habitude, Sibelius donne l’impression de disposer des matériaux fragmentaires mais découlant les uns des autres. C’est notamment la fonction de l’appel ascendant des cors dans les toutes premières mesures, noyau générateur du mouvement. En 1915, l’Allegro moderato s’achevait peu après la plainte du basson (« lugubre » et « pathétique » indique la partition). À présent, une magistrale transition – art dans lequel excelle Sibelius –, accompagnée d’une accélération de tempo, provoque le basculement dans une mesure à trois temps : la rythmique d’un scherzo, conséquence et continuité de ce qui précède. Telle une matière qui accumule de la force, le tempo augmente encore lors d’une progression implacable qui mène à l’apogée solaire de la coda.

Malgré son tempo plus lent, l’Andante mosso, quasi allegretto prolonge l’esprit du premier mouvement : tension rythmique émanant d’un motif générateur de cinq notes, sous lequel les tenues des bois et des cors dessinent un paysage luminescent ; accélération du tempo dans certaines sections.

Le 21 avril 1915, Sibelius note dans son journal : « Aujourd’hui à onze heures moins dix, j’ai vu seize cygnes. L’une des plus grandes expériences de ma vie ! Seigneur Dieu, quelle beauté ! Ils ont tourné au-dessus de moi pendant un bon moment. Disparurent dans le soleil voilé comme un éclatant ruban d’argent. Leurs cris étaient du même type d’instruments à vent que les grues mais sans trémolo. Le cri du cygne plus proche de la trompette, avec toutefois quelque chose du son du sarrussophone. Un refrain grave rappelant les pleurs d’un petit enfant. Mysticisme de la nature et angoisse de la vie ! Le thème du Finale de la Cinquième Symphonie : legato aux trompettes ! » En fait, ce thème hymnique sera exposé par les cors. Il s’agit d’un m

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